Le Wrap Up de la semaine de l'arrestation de Maduro (semaine du 29 décembre 2025)
🕵️♂️ : Insta en 2026, nouveau diseur de vérité ? - 📈 : la streamflation - 🌞 : L’audience TV US se joue… en journée - 🥇Best post 2025 (1/5) : les MCP - 🩰 : le Lac des cygnes de Prejlocaj
Au sommaire de cette première édition de l’année :
🎱 Teaser Extra Ball : revue des prédictions 2026 d’Axios Media
⏳ Temps de lecture : 9 min 33 sec
Véracité 🕵️♂️ : Insta et Méta en 2026, les nouveaux diseurs de vérité ?
⏳ : 2 min 18 sec
Adam Mosseri, le CEO d’Instagram, vient en ce début d’année de livrer un mémo de 20 slides qui marque un tournant stratégique : fini la fuite en avant, place au contrôle.
Instagram ne croit plus qu’il peut battre l’IA par la quantité ou la qualité du contenu : il veut se poser en arbitre du vrai et du faux, à une échelle réellement industrielle.
L’obsession des dirigeants de Meta : restaurer la confiance dans la réalité des contenus, car, selon eux et de nombreux experts, tout peut désormais être falsifié.
But we haven’t truly grappled with synthetic content yet. We are now seeing an abundance of AI generated content, and there will be much more content created by AI than captured by traditional means in a few years time. We like to talk about “AI slop,” but there is a lot of amazing AI content that thankfully lacks the disturbing properties of twisted limbs and absent physics. Even the quality AI content has a look though: it tends to feel fabricated somehow. The imagery today is too slick, people’s skin is too smooth. That will change; we are going to start to see more and more realistic AI content.
Authenticity is fast becoming a scarce resource, which will in turn drive more demand for creator content, not less.
« L’authenticité devient infiniment reproductible » : un euphémisme pour dire que l’IA peut tout reproduire, et que la crédibilité d’Instagram s’effrite à grande vitesse.
Mosseri admet aussi que le fil public perd du terrain : « Les gens partagent en DM », soit dans un entre-soi privé, un cauchemar pour le modèle économique du réseau, qui s’intercalent mieux dans les feeds publics que dans les conversations privées encore peu monétisés car l’intrusion publicitaire y est sans doute plus susceptible.
Par ailleurs, les annonceurs fuient le fake, les créateurs eux redoutent qu’on clone trop rapidement leur “fulgurance”, leur style en un clic, et la génération Z finit par trouver TikTok avec sa dimension live, non édité, plus “authentique”.
En conséquence, Instagram veut devenir l’arbitre de la “preuve” : labelliser l’IA, vérifier les comptes, traquer la provenance des images.
La vraie nouveauté, c’est ce virage vers le “trust graph” : après le “social graph” (voir ce que ses connaissances font ou lisent) et l’“interest graph” (voir ce que l’algorithme pense qu’on aime entraîné sur des millions de swipe), l’enjeu devient la crédibilité, la vérification et l’origine du contenu.
Instagram veut donc labelliser l’IA, mais redoute que ces étiquettes finiront comme les avertissements sur les paquets de cigarettes, à savoir une information que les utilisateurs vont finir par zapper.
Mosseri, toujours dans son rôle de publiciste en chef, plus sympa que Zuckerberg, tente de faire passer la pilule : il ne s’agit plus d’innover pour séduire, mais de rassurer, voire de contenir la dérive du faux.
En synthèse, les constats clés :
Instagram, naguère réseau photo, a vu le feed personnel s’effondrer au profit de Reels publics à la TikTok : le partage public “d’instants personnels” est relativement mort depuis quelques années;
Les DMs sont devenus le canal principal de partage, mais Instagram ne sait pas bien les monétiser (ça va peut être finir par arriver).
Le business model est menacé : les marques veulent du “vrai”, les jeunes ont encore tendance à préférer l’original à la copie TikTok, le régulateur va probablement prochainement demander à Meta de prouver ses efforts à gérer les contenus truqués.
Le futur : vérifier qui poste, tracer la chaîne de création des contenus (signature cryptographique?), récompenser l’originalité et la transparence (donc réduire la visibilité de ceux qui font des reprises des autres).
Le mémo signe la fin d’une époque : Instagram n’est plus un réseau social, mais une plateforme de police du réel, condamnée à arbitrer une guerre de faux.
Le Memo Adrien Mosseri : le vrai, la vraie quête d’instagram
✳️ Le groupe WhatsApp du Wrap Up est disponible ici : News, sondages et coulisses, c’est là que ça se passe :
Streamflaté 📈 : l’évolution des prix du streaming
⏳ : 59 sec
Les services de streaming vidéo n’en finissent plus de gonfler leurs tarifs : en moyenne, le prix du forfait sans pub le moins cher a bondi de 6,69 $ depuis le lancement, selon Axios.
Disney+ mène la danse avec un abonnement ad-free passé de 6,99 $ (2019) à 18,99 $ : +12 dollars en cinq ans!
Netflix et Hulu ? Chacun a ajouté 9 $ à la note sur la même période.
HBO Max, plus discret, n’a relevé son prix que de 3,50 $… mais partait de 14,99 $ à l’origine : difficile d’exploser les compteurs quand on est cher au lancement.
Résultat : les consommateurs US, parfois assommés par cette inflation du divertissement (peu d’informations fuitent sur l’accélération du churn à la suite de ces streamflations), se tournent vers des offres gratuites avec pub comme Tubi ou Roku (voir le lancement de l’offre de Free TV en France - et dans toute l’Europe) sur ces modèles).
Autre conséquence : le secteur se concentre à marche forcée, avec des géants qui rebundlent et repackagent à tout-va pour séduire les abonnés frileux.
La grande bataille du streaming, version 2026, pourrait bien ressembler à un retour aux bouquets… mais sur internet.
Le phénomène ne se limite pas à la vidéo : même les plateformes musicales ont relevé leurs prix d’1 $ par mois, en moyenne, depuis leur lancement (ce qui semble être beaucoup moins élastiques que la vidéo donc..)
Côté perspectives : cinq des huit principaux streamers ont encore augmenté leurs tarifs cette année, laissant espérer une légère accalmie en 2026 (du moins pour ceux qui croient aux bonnes résolutions).
Si vous préférez essayer la version audio de cette newsletter, essayez le rendu de NotebookLM (cette semaine en 🇫🇷) - entre nous, l’IA de Google n’a pas tout compris aux MCP que Gemini pourtant utilise désormais :
Diurne 🌞 : la guerre de l’audience TV se joue… en journée
⏳ : 1 min 51 sec
Selon un long article du New York Times, la guerre du streaming ne se joue plus seulement le soir, mais dès le lever du jour.
À Central Texas, Nancy Ann Ling allume sa télé à 5h du matin : rituel immuable, direction YouTube. Du petit-déj’ à la cuisine de fin de journée, la plateforme de Google règne sans partage sur le fond sonore du quotidien : monologues nocturnes du Colbert Show (sur CBS), méditation, vidéos de cyclisme, infos locales... Mais à la tombée de la nuit, on zappe sur Apple TV ou BritBox pour les séries d’inspiration britannique1.
Ce scénario semble se répéter à l’échelle nationale.
En novembre 2025, YouTube captait près de 13% du temps de visionnage TV aux États-Unis, loin devant Netflix (8%) et devant les chaînes TV traditionnelles.
Mais ce qui frappe encore plus c’est l’importance de la consommation en journée qui compte tenue de l’infini de son catalogue de contenus froids, offre une meilleure alternative à n’importe quel contenu TV :
À 11h du matin : 6,3 millions de téléspectateurs devant YouTube, moins de la moitié pour Netflix (2,8 millions), un million pour Amazon, les autres (HBO Max, Paramount+, Peacock) plafonnent à 600 000.
Le match s’équilibre seulement à 21h, Netflix frôlant les 11 millions de spectateurs contre 12 pour YouTube, mais dès le lendemain, le rouleau compresseur YouTube redémarre.
YouTube n’a rien du “Netflix du pauvre” : il s’est imposé comme la télé de fond, celle qui accompagne les corvées, l’ennui ou l’apprentissage.
Autre exemple parlant : Matthew Lawrence, 69 ans, consomme une à deux heures de tutos billard chaque matin avant d’aller s’entraîner : « Ma mère serait horrifiée, mais j’apprends ! ».
YouTube, c’est l’encyclopédie des loisirs actifs et passifs : tutoriels, playlists, émissions pour enfants, podcasts vidéo (700 M d’heures vues en octobre sur grand écran, +75% en un an). La plateforme est aujourd’hui le numéro 1 de l’écoute de podcasts devant Spotify et Apple.
Les créateurs l’ont bien compris : “Good Mythical Morning” (19,4M d’abonnés) sort chaque jour à 6h, idéal pour habiller la routine matinale ; MrBeast (458M d’abonnés2) , Mark Rober (74M) et Michelle Khare (5M) postent le samedi matin, façon “cartoons du week-end” nouvelle génération.
75% du temps d’écoute de podcasts se concentre entre 6h et 18h. L’audience, peu attentive mais massive, transforme la TV de journée en tapis roulant de contenus personnalisés et inépuisables.
Face à ce bulldozer, les studios tentent de réagir :
Netflix investit dans les podcasts vidéo,
Amazon recrute les frères Kelce,
Paramount et Netflix se battent pour Warner Bros (80 Md$ sur la table aux dernières nouvelles).
Mais le secret de YouTube reste son accessibilité : tout, tout de suite, pour tous les usages, sans changer d’appli, de la cuisine au billard en passant par la méditation et les dessins animés du samedi (et de façon assez notable, l’agrégation des contenus vidéos de tous les autres éditeurs qui se voient désormais contraint d’en passer par Youtube pour toucher des audiences désormais trop habituées à allumer Youtube quand elles veulent regarder quelque chose).
Best post 2025 (1/5) : les MCP, futur API des LLMs?
⏳ : 1 min 28 sec
L’outil de statistiques de Substack étant tout cassé, j’en suis réduit pour vous sortir le top 5 des articles les plus lues dans le Wrap Up à utiliser le proxy de la viralité des posts Linkedin traitant de ces sujets.
Si la méthode peut laisser à désirer, elle n’en constitue pas moins une façon sympathique de lancer un coup d’oeil dans le rétroviseur de l’année écoulée et des publications marquantes du Wrap Up.
On commence cette semaine avec la surprenante viralité du post sur l’annonce (plus de 400K vues) en avril dernier de Google de rendre publique la comptabilité de son LLM maison, DeepMind à l’époque (Gemini aujourd’hui), avec le MCP3 lancé par Anthropic (un autre LLM) et lui-même adopté par OpenAI.
L’article du Wrap Up est toujours là :
Qu’en retenir ?
Google a donc annoncé cette semaine qu’il intégrerait le MCP dans ses modèles Gemini et son kit de développement. OpenAI avait déjà fait de même fin mars, en promettant une intégration future dans ChatGPT. Le protocole, mis en open-source par Anthropic fin 2023, permet aux agents d’IA de se connecter facilement aux systèmes d’entreprise — un cauchemar habituel pour les développeurs — et de travailler efficacement dans des environnements sécurisés.
Et maintenant début 2026 ?
8 mois plus tard, les MCP n’ont pas déclenché la révolution promise… mais ils ont discrètement changé la donne.
Le standard est là, il fonctionne.
OpenAI, Google, Anthropic et Cohere parlent enfin une même langue technique. MCP est devenu l’API des agents IA — une couche d’interopérabilité plutôt sobre, mais essentielle.
Les usages restent en chantier.
On a peu vu de “super agents” tout-en-un dans la nature. Les intégrations (Notion, Slack, Figma…) avancent à petits pas, souvent en bêta. Beaucoup d’acteurs restent frileux côté sécurité.
Le risque : une interopérabilité sans UX.
Techniquement, les agents peuvent parler entre eux. Mais sans interfaces claires, sans design fluide ni cas de killer app, l’adoption reste l’affaire des initiés et des codeurs (ou des fameux FDP : Forward Deployment Programmers, une des fonctions les plus recherchés en IA dans les grandes entreprises).
Côté privacy, peu de garde-fous.
Toujours pas de chiffrement de bout en bout dans le protocole, ni de logique granulaire sur les données transmises aux LLM. Le standard avance, la gouvernance reste floue.
Mais… les fondations sont posées.
Comme le web au début des années 90, ça tâtonne, ça bricole… mais l’infrastructure est là. Et quand les bons outils vont arriver, ça risque de s’enclencher très vite.
🎱 Teaser Extra Ball : revue des prédictions 2026 d’Axios Media
⏳ : 54 sec
2026 démarre fort. 11 prédictions qui rebattent les cartes des médias, de la pub et de l’IA. Elle émane d’un de mes médias favoris : Axios Media.
Je les passe au crible… mais avec leurs implications pour ce côté ci de l’Atlantique.
L’essentiel? Le centre de gravité média se décale vers l’UE, la qualité devient un avantage compétitif, et l’écran n’est plus le centre du jeu.
👉 Quelques indices (sans tout dévoiler) :
• Soft power US en reflux et une régulation US dirigée par le pouvoir exécutif → l’année du test critique pour les directives européennes DMA/DSA, souveraineté reglémentaire ou guerre commerciale sur fond d’accusation de censure européenne ?
• Le déluge d’”IA Slop” → traçabilité, whitelisting, le retour de la notion d’auteur? (on en parle déjà avec le mémo d’Instagram évoqué plus haut)
• Podcasts vidéo en plein boom → produire YouTube-first, diffuser multi-platesformes
• Les Droits sportifs s’envolent (~30Md$ US) → mettre en place de nouveaux packs anti-churn chez nous.
• Cinéma : une relance possible par les films familiaux / animation & toujours et encore les coproductions pour tenir la masse critique.
• Vers des restrictions pour mineurs → la mutation du social vers le communautaire, pas forcément une bonne nouvelle.
Dans l’Extra Ball des prochaines semaines, je détaille chaque tendance, et surtout le “mode d’emploi 2026 à la Française” : quoi faire maintenant, quoi éviter, où placer les moyens. C’est le bon moment pour s’abonner au Wrap Up+
Envoi tous les jeudis.
Léger 🩰 : le Lac des cygnes d’Angelin Prejlocaj
⏳ : 1 min 29 sec
Je n’aime pas beaucoup les ballets, aussi la perspective du classique Lac des cygnes en ce début d’année tombait mal : grave erreur !
Quand Angelin Preljocaj revisite une morceau du répertoire, Le Lac des cygnes en l’occurence, un “Everest du ballet classique”, ça envoie.
Il triture le mythe de la princesse-cygne pour l’installer au cœur des névroses modernes. La pièce pour 26 danseurs est à 90% de la partition de Tchaïkovski (elle est complétée par quelques emprunts à d’autres œuvres du compositeur et à des interludes de musique électronique bien senties).
Petit rappel de l’histoire classique : Le prince Siegfried tombe amoureux d’Odette, jeune femme transformée en cygne par le sorcier Rothbart. Seul un amour sincère peut briser le sortilège : Rothbart trompe alors Siegfried en donnant à sa propre fille Odile, l’apparence d’Odette. Le serment d’amour est invalide, Odette restera Cygne.
L’histoire se termine soit par la mort soit la réunification des amants, selon les versions, mais c’est la version tragique qui prévaut en général.
Dans la relecture de Preljocaj, les parents de Siegfried passent de figurants au coeur de l’intrigue : un père tyrannique, amateur d’abus de pouvoir, une mère protectrice à la Proust (Swan / Odette vous l’avez?), tous deux jouent un rôle clé dans les rapports entre les protagonistes.
Rothbart, le sorcier ambigu dans la version d’origine, devient à la fois magicien et symbole du capitalisme débridé (2026 baby) : il pourrait être industriel, financier, patron d’une multinationale, tant il orchestre l’union du fils et de la fille pour servir ses intérêts. La question de la marchandisation des corps devient centrale : tout est affaire de transactions, d’alliances, de deals arrangés.
Pour Preljocaj, la chorégraphie n’est pas une variation mais une reconstruction totale, un « palimpseste » où il érige une ville contemporaine sur les ruines des fondations originelles.
Certains motifs – notamment dans l’acte blanc – servent de clins d’œil à l’oeuvre classique, mais le coeur reste le geste créatif souverain : ici, il ne copie pas, il réinvente.
Le rôle d’Odette/Odile n’est pas toujours très clair, et pour cause, le chorégraphe a décidé de réunir le cygne blanc et le cygne noir en une même interprète !
On en garde une vue d’ensemble assez grandiose des possibilités de la danse classique réinterprété avec ce niveau de virtuosité, c’est assez bluffant même pour des néophytes.
Quelques dates encore disponibles à Amiens et dans le lieu de résidence du ballet, à Aix en Provence :
le slogan est assez génial : Cheers to those who see it differently. Le teaser de l’abonnement est une petite merveille de Cool Britannia TV.
oui ça n’est pas une typo, il s’agit bien de 458 - quatre cent cinquante huit- millions.
MCP pour Model Context Protocol.









