Le Wrap Up de la semaine de la chute du Gouvernement Bayrou (semaine du 8 septembre 2025)
🎞️ : OpenAI et son 1er long métrage d’animation 🎥 : Canal+ et UGC - 🛂 : l’UE et Chat Control - ♻️ : la pub peut elle aider la transition écologique - 🔥 : la Cathédrale de Chartres
Au sommaire de cette semaine :
Cinématographique 🎞️ : OpenAI lance son premier long métrage d’animation
Ecolo ♻️ : Contribution de la publicité à la consommation durable
Flamboyante 🔥 : la Cathédrale de Chartres à une heure de Paris
⏳ Temps de lecture : 7 min 56 sec
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🪖 Si l’un de ces sujets trouve un écho en vous, on s’en parle ?
Cinématographique 🎞️ : OpenAI lance son premier long métrage d’animation
⏳ : 1 min 16 sec
OpenAI débarque dans le cinéma avec Critterz, un film d’animation entièrement généré par intelligence artificielle, annoncé avec un budget de moins de 30 M$ – une broutille comparée aux mastodontes d’Hollywood où Pixar ou Disney alignent volontiers 150 à 200 M$.
L’objectif affiché : prouver que l’IA peut réduire drastiquement les coûts et les délais, puisque le film a été produit en neuf mois au lieu des trois ans habituels de l’industrie.
Le projet n’est pas sorti de nulle part. Chad Nelson, créatif maison, avait déjà esquissé un court métrage Critterz en 2003. Cette fois, la version longue racontera l’aventure de créatures vivant dans une forêt enchantée. Aux manettes, OpenAI, épaulé par Vertigo Films dont le cofondateur, Jim Richardson, se félicite que l’IA compresse temps et argent, tout en offrant une qualité jugée comparable aux méthodes classiques.
Le film est co-produit en plus par Native Foreign (Los Angeles) et soutenu par Federation Studios (Paris).
Sa sortie mondiale est prévue pour 2026, après une première projection au Festival de Cannes. L’accueil que recevra Critterz déterminera probablement l’avenir de l’IA dans le secteur du divertissement.
Évidemment, la panique gagne les métiers du secteur : doubleurs, animateurs, techniciens voient se profiler le spectre du remplacement. Google avec Veo3, Netflix ou Disney qui recourent déjà à l’IA pour des effets spéciaux, confirment que la tendance n’est pas marginale.
Nelson tente pourtant de tempérer : non, tout ne sera pas artificiel. Des voix humaines doubleront les personnages, et des artistes nourriront les modèles avec leurs propres créations. Une manière de dire qu’on n’a pas encore atteint le stade du “full automatic movie”.
Reste la grande inconnue : le public. Dépenser un ticket de cinéma pour voir un film dont on sait qu’il est généré par IA ? Beaucoup de spectateurs restent réticents, persuadés que l’IA ne peut qu’imiter sans jamais égaler l’originalité humaine. Derrière cette réserve se cache aussi une suspicion juridique : quelles bases de données ont servi à entraîner les modèles ? Des œuvres sous copyright ont-elles été aspirées sans autorisation ? OpenAI, comme d’autres, est déjà poursuivi en justice sur ces sujets.
📣 Avec la rentrée, on reprend l’expérimentation d’un groupe WhatsApp du Wrap Up : News, sondages et coulisses, c’est là que ça se passe.
Tchi-tcha 🎥 : la chaîne du cinéma au cinéma
⏳ : 1 min 41 sec
Canal+ vient de lancer une opération qui pourrait remodeler le paysage du cinéma français : l’entrée à hauteur de 34 % au capital d’UGC, avec une prise de contrôle envisagée dès 2028.
Philippe Bailly dans Sans Doute analyse qu’il ne s’agit pas d’un simple investissement, mais un coup de force stratégique qui parachève un basculement générationnel déjà amorcé avec la montée des Saadé chez Pathé (via le holding familial à 20%) ou les successions orchestrées chez Gaumont et MK2.
Sur le terrain de l’exploitation, Canal+ prend d’emblée du poids : UGC, 3e réseau en France avec 49 salles (514 écrans et 20,1 M d’entrées en 20241) et 7 multiplexes en Belgique, vont venir compléter le maillage de CanalOlympia en Afrique (18 salles dans 12 pays, 700 000 spectateurs annuels). Avec cette opération, Canal+ devient le 3e exploitant français.
La distribution n’est pas en reste. En 2024, Studiocanal a engrangé 9,4 M d’entrées avec 14 films, tandis qu’UGC alignait 4,1 M avec 9 films. Additionnez, vous obtenez 13,5 M d’entrées et une 5e place nationale derrière Disney, Warner, Pathé et Universal. À l’heure où l’accès aux écrans devient une bataille décisive, cette consolidation donne un avantage non négligeable.
Côté catalogue, Studiocanal aligne déjà plus de 9 400 titres issus de 60 pays et bardés de 70 Oscars et 18 Palmes d’or. Des classiques hollywoodiens (Rambo, Apocalypse Now, Terminator) aux succès populaires français (La Grande Vadrouille, The Father), la collection est sans équivalent en Europe. L’ajout d’environ 300 films UGC, dont les franchises populaires Qu’est-ce qu’on a fait au bon Dieu ? ou Ducobu, propulse l’ensemble vers le seuil symbolique des 10 000 titres (il faudrait vérifier l’absence de doublons cependant).
En production, l’effet cumulé est tout aussi parlant. Studiocanal produit chaque année une vingtaine de longs-métrages et plus de 15 séries internationales, tandis qu’UGC, via seize producteurs, s’est hissé dans le Top 10 français de la fiction télé avec des titres pour TF1 (HPI), France Télévisions (J’ai menti), Netflix (Soleil noir), Disney+ (Oussekine), ou HBO Max (Merteuil). En volume, Canal+ (38 heures en 2023) et UGC (54 heures) auraient ensemble atteint 92 heures, de quoi dépasser Fremantle et pointer au 8e rang des producteurs audiovisuels.
Derrière ces chiffres, l’enjeu est clair : intégrer toute la chaîne de valeur, de l’exploitation des salles à la production internationale. Bolloré applique au cinéma une logique éprouvée dans la musique et la télévision : sécuriser contenus, contrôler leur diffusion et bâtir un écosystème complet capable de donner le changer avec les majors américaines.
Le cinéma français, longtemps gardé par ses grandes familles, bascule dans une nouvelle ère : celle de l’intégration industrielle et de la puissance financière, où Canal+ entend bien jouer le rôle de major européenne.
Régulatrice 🛂 : Comment l’UE veut imposer Control
⏳ : 1 min 34 sec
Le CSAM2, alias « Chat Control », est un projet de règlement européen déposé en 2022 qui vise à lutter contre la diffusion de contenus pédopornographiques en ligne.
Derrière cet objectif, éminemment louable, se cache une méthode pour le moins expéditive : obliger toutes les messageries et services numériques – WhatsApp, Signal, Telegram en tête – à scanner TOUS les messages, images, vidéos et fichiers échangés, y compris ceux chiffrés de bout en bout.
La technique, dite client-side scanning, consiste à analyser directement sur l’appareil de l’utilisateur les contenus avant qu’ils ne soient chiffrés pour détecter les contenus illégaux de cette nature.
Ce mécanisme ouvrirait ainsi des « backdoors » dans les applis, permettant certes de repérer des criminels, mais aussi de transformer les messageries en systèmes de surveillance généralisée touchant 450 millions d’Européens.
Le projet suscite une levée de boucliers. L’eurodéputé Patrick Breyer (Parti Pirate) dénonce « le mensonge de la surveillance de masse », tandis que chercheurs, cryptographes et scientifiques – plus de 500 signataires issus de 34 pays – alertent : ce texte dans sa forme actuelle et pour lequel le Danemark, occupant actuellement la présidence tournante de l’UE, « compromettra totalement » la sécurité et la vie privée.
Meredith Whittaker, patronne de la Signal Foundation - une des messageries cryptées -, a déjà prévenu : Signal ne se pliera à aucune obligation contraire à ses garanties de confidentialité, quitte à se retirer du marché européen.
De son côté, une pétition baptisée Stop Control a déjà rassemblé plus de 30 000 signatures. Le débat prend de l’ampleur à l’approche d’un vote crucial au Conseil de l’UE le 14 octobre prochain.
En France, le sujet reste confiné aux cercles tech, mais les critiques fusent. Alexandre Stachtchenko, entrepreneur crypto, y voit « une sortie complète de la démocratie » et rappelle qu’un simple changement de gouvernement pourrait transformer des citoyens ordinaires en dissidents surveillés. La formule « rien à cacher, rien à craindre » apparaît ici comme un cauchemar orwellien.
Ironie du calendrier, l’Assemblée nationale vient d’adopter à l’unanimité une loi sur la cybersécurité qui sanctuarise le chiffrement de bout en bout. Le rapporteur, Éric Bothorel, rappelle que les tentatives d’accès aux contenus chiffrés ont toujours affaibli la vie privée. Il n’exclut pas de futures innovations pour aider les forces de l’ordre, mais sans altérer le chiffrement.
La France a déjà effleuré ce terrain glissant avec la loi narcotrafic en juin dernier, qui avait envisagé d’imposer des portes dérobées aux messageries avant d’y renoncer dans la version finale du texte.
Ecolo ♻️ : Contribution de la publicité à la consommation durable
⏳ : 1 min 57 sec
Les 34 Md€ que pèse la publicité en France (dont 53 % en ligne) ne se contentent pas de financer médias et contenus : ils façonnent nos modes de consommation, avec des effets écologiques et sanitaires qui commencent à peser lourd.
C’est ce qu’évoque un rapport de l’Inspection des Finances commandés par Gabriel Attal et près depuis décembre 2024 et qui aura mis beaucoup de temps à être publié et qui l’a été dans les tous derniers jours du gouvernement Bayrou (pour refiler la patate chaude à son successeur):
Quand 45 % des pubs automobiles promeuvent des SUV et que 58 % des spots alimentaires aux heures de grande audience vantent des produits notés D ou E au Nutri-Score, on comprend mieux pourquoi 87 % des Français trouvent cette pression publicitaire néfaste.
La mission de l’Inspection propose une stratégie publique pilotée par le Secrétariat général à la planification écologique (SGPE), assortie d’un suivi annuel.
Objectif : réduire l’empreinte environnementale de la consommation, sans saborder le financement des médias traditionnels, ni la croissance du secteur.
Une équation complexe, mais semble-t’il (le rapport ne cessera de la souligner) soutenue par une opinion largement favorable : 80 % des citoyens réclameraient un encadrement plus strict.
Trois pistes sont avancés :
D’abord, une régulation plus ferme des plateformes numériques, dont les registres publicitaires permettraient des contrôles renforcés. L’Europe pourrait pousser plus loin : plafonner la quantité de publicité par utilisateur ne semble plus tabou (cela l’est en France à la télévision);
Ensuite, une réforme de l’autorégulation : l’Arcom reprendrait la main sur l’ARPP pour réhausser les standards éthiques, notamment avec une attention accrue au greenwashing afin de ne plus valider certaines pubs foutage de gueule.
Ce 2ème point est délicat, car sans qu’on soit dans le domaine de la liberté d’expression dans sa plus pure expression (ça reste de la pub), ça serait donc l’Etat via une autorité administrative “indépendante” qui pourrait dicter ce qui est acceptable ou non sur nos écrans TV, et non pas une association des parties prenantes qui vantent son auto-régulation.
Enfin, simplifier l’information donnée aux consommateurs : généralisation du Nutri-Score, test de l’affichage environnemental (validé scientifiquement), et suppression progressive des mentions légales aussi envahissantes qu’inutiles.
En allant plus loin, deux pistes radicales se dessinent.
interdire purement et simplement les communications commerciales pour les produits les plus polluants : vols courts, véhicules lourds et autres totems d’une économie carbonée.
limiter la quantité totale de publicités diffusées. Une mesure explosive qui poserait la question explosive du financement des médias, mais qui semble répondre à la demande d’un espace public (y compris numérique !) moins saturé de messages incitant à consommer toujours plus…
Au fond, ce rapport de l’IGF (et des Inspections Générales de la Culture et du Développement Durable) met en lumière une contradiction française : on sait que la publicité oriente massivement nos comportements, mais on persiste à la traiter comme un simple vecteur économique.
En plaçant la publicité sous la bannière de la transition écologique, l’État impulserait ainsi un tournant historique : considérer les communications commerciales non plus comme une évidence, mais comme un levier politique à part entière qui façonne les imaginaires.
Flamboyante 🔥 : la Cathédrale de Chartres à une heure de Paris
⏳ : 1 min 25 sec
Construite entre 1194 et 1220, la cathédrale de Chartres est un choc visuel construite sur une butte dans le plat pays de la Beauce.
Posé dans la nef, on est frappé par l’équilibre entre la majestueuse verticalité des piliers et l’horizontalité des lignes gothiques, par l’atmosphère lumineuse qui restitue avec une authenticité rare l’esprit du XIIIe siècle.
Particularité locale : un double déambulatoire, planté de piliers « en palmiers », devenu le terrain de jeu favori des artistes en quête de perspectives changeantes.
À l’extérieur, la façade s’impose avec ses deux flèches :
le « clocher vieux » (années 1160), qui fut l’un des plus hauts édifices romans du monde,
et le « clocher neuf », reconstruit en 1506 dans un style gothique flamboyant.
Les façades nord et sud (vers 1210) renforcent l’allure massive de l’ensemble, tandis que les arcs-boutants vus depuis les jardins transforment la cathédrale en un gigantesque navire de pierre.
Mais la vraie star de Chartres, ce sont ses vitraux : plus de 2 500 m², 3 500 personnages, et un bleu unique au monde : le fameux « bleu de Chartres », translucide et hypnotique.
La plupart ont été réalisés entre 1200 et 1225, dans une harmonie de bleus profonds, de rouges vifs et de clairs-obscurs vibrants. La « Belle Verrière » dans le Transcept Sud pièce maîtresse, attire toujours les foules. Trois roses monumentales complètent ce kaléidoscope. L’exercice de lecture des vitraux conçus pour éduquer les masses analphabètes du Moyen Age souligne l’ingéniosité des scénaristes médiévaux.
À l’intérieur, un chef-d’œuvre moins connu mais spectaculaire : le jubé de pierre du XVIᵉ siècle, véritable dentelle sculptée qui déroule sous vos yeux l’histoire du Christ et de la Vierge dans une succession de scènes d’une minutie presque cinématographique.
Mais le cœur battant du pèlerinage reste ailleurs : la Sainte Tunique de la Vierge, relique précieuse conservée depuis le IXᵉ siècle, censée avoir été portée par Marie lors de la naissance du Christ. Rescapée des incendies et des guerres, elle demeure depuis plus de mille ans le véritable point d’attraction des foules, qui viennent moins admirer l’architecture que toucher, par le tissu, un fragment de l’invisible.
Bref, vous l’aurez compris, j’ai été envouté par ce chef d’oeuvre de l’art gothique à moins d’une heure de Paris.
derrière CGR à 21M d’entrées et Pathé à 35,6M, mais devant
CSAM : Child Sexual Abuse Material








