Le Wrap Up de la semaine : les contours du Deal Tiktok aux US (15/09/2025)
🖍️ : Disney entre au capital de Webtoon - ⚽ : L’Equipe et L1 Media sont dans un bateau - ▶️ : et Youtube veut pousser le live - 🫥 : le deal Tiktok US prend forme - 🏰 : la musée Dali à Port Lligat
Au sommaire de cette semaine :
⏳ Temps de lecture : 8 min 14 sec
Conférence de rentrée du Groupe ESCP Médias & Entertainement: "Entre réel et artificiel : comment l’IA bouleverse nos repères créatifs"
Le Groupe ESCP Alumni Média, en partenariat avec IMM Alumni, ESSEC Alumni et HEC Alumni, vous invite à une table ronde exceptionnelle sur l’impact de l’intelligence artificielle dans la création visuelle et la communication des marques.
À l’heure où chaque image peut être vraie, fausse ou générée, comment préserver l’émotion, la singularité et la confiance?
L’IA standardise-t-elle la créativité ou ouvre-t-elle de nouveaux territoires artistiques?
Que deviennent l’authenticité, le storytelling, et la valeur des marques dans un monde saturé de contenus ?
Pour en débattre, quatre intervenants de renom :
Déborah Marino, DGA Publicis Luxe, spécialiste des narrations de marque
Fatti Laleh, Global Communication & Image Director de Piaget
Fabien Le Roux, Head of Creative Department chez TikTok France, pour comprendre comment l’IA transforme la créativité des plateformes sociales
Gauthier Vernier, co-fondateur du collectif Obvious, figure pionnière de la création générative et des univers visuels hybrides
Une discussion animée par Eric Lentulo et moi-même, dans les nouveaux bureaux de Publicis, rue de Courcelles (17ème)
Quand : 1er octobre à 18h45 précises (table ronde suivie d’un cocktail)
Evénement ouvert aux ESCP, ESSEC, HEC et personnes extérieures
Cartoonnés 🖍️ : Disney entre au capital de Webtoon
⏳ : 1 min 32 sec
Disney s’invite dans l’empire des webtoons, et pas par la petite porte !
Le groupe prend 2% du capital de la filiale américaine de Webtoon Entertainment, le géant coréen du format BD vertical, côté à Wall Street depuis juin 2024. Résultat immédiat : +30% en Bourse et une valorisation flirtant avec les 3 Md$.
Derrière ce mouvement capitalistique, une opération industrielle de poids : l’adaptation en webtoons de près d’une centaine de séries issues du catalogue Disney, de Star Wars à Avengers en passant par Aliens.
Le partenariat ne s’arrête pas là. Les deux groupes annoncent la création d’une nouvelle plateforme de lecture en ligne, gérée par Webtoon, qui proposera l’intégralité des 35 000 BD et Comics Disney via un abonnement unique.
Les abonnés Disney+ profiteront d’une partie de ce catalogue, ce qui positionne l’opération comme une extension de l’écosystème d’abonnement plutôt qu’une cannibalisation. En clair, l’application qui remplissait cet office pour les Strange, Marvel Unlimited, jusque-là géré en interne, pourrait vite passer aux oubliettes.
L’enjeu est évident : élargir la base d’abonnés et verrouiller le jeune public, celui qui consomme désormais la culture sur smartphone en scrollant verticalement.
L’initiative s’inscrit dans une stratégie plus large de diversification : l’été dernier, Disney a aussi investi dans la NFL avec 10% de participation dans ESPN, histoire de contrer l’offensive de Netflix et Amazon sur le sport. Mickey muscle son jeu pour rester dans la cour des plateformes globales.
Côté coréen, Webtoon Entertainment joue son rôle de fer de lance de la Hallyu, la “vague culturelle” sud-coréenne qui déferle sur le monde.
Contrôlé à 60% par Naver – le « Google coréen » – le groupe possède Line Manga, Wattpad (racheté 600 M$ en 2021), et Naver Webtoon, leader mondial du marché. Ce dernier affiche près de 380 M$ de revenus l’an dernier pour un résultat modeste de quelques millions.
Parmi ses joyaux : « Lore Olympus », l’un des webtoons les plus lus au monde. La nouvelle plateforme accueillera donc aussi ses propres licences, élargissant encore le champ des possibles pour retenir la Gen Z et en faire la plateforme de référence.
Le secteur est en pleine consolidation. En juin 2024, Blackstone a racheté Infocom (Mecha Comics) pour 1,7 Md$, coiffant Sony au poteau.
Les géants de l’entertainment veulent s’assurer une place sur ce marché où se joue la fidélisation du public mondial. Disney, en bon stratège, ne pouvait pas manquer ce train : la guerre du streaming se joue désormais aussi dans la BD numérique.
Ici, l’empire contre-attaque… mais en format vertical.
Si vous préférez écouter le Wrap Up, essayez le Wrap Up by NotebookLM :
Associés ⚽ : L’Equipe et L1 Media sont dans un bateau
⏳ : 1 min 41 sec
L’Equipe et Ligue 1 + unissent leurs forces pour lancer une offre commune d’abonnement, une petite révolution dans le marché déjà chahuté des droits sportifs.
À partir du 22 septembre, pour 14,99 € par mois durant trois mois (puis 19,99 €, avec un engagement d’un an), les abonnés auront accès d’un seul coup aux contenus premium de L’Equipe et aux huit matchs de Ligue 1 que diffuse Ligue 1+ chaque journée. Et le tout sera directement consommable sur le site et l’application de L’Equipe, qui devient ainsi distributeur officiel de la compétition reine (faute d’en être le producteur, contrat remporté par Mediawan l’été dernier).
L’opération tombe à pic pour LFP Media, la société commerciale de la Ligue, qui avait fixé l’objectif d’un million d’abonnés à Ligue 1 + sur la saison… objectif déjà atteint dès début septembre, avec 1,026 M d’abonnés.
De quoi bomber le torse : 72 % des inscrits ont choisi de s’engager sur toute la saison, preuve d’une solidité inattendue. On est loin du fiasco DAZN, incapable d’atteindre de tels volumes en France.
Ce succès rapide permet de mieux comprendre la stratégie : s’appuyer sur des partenaires médias puissants pour élargir la distribution. Après Amazon Prime et DAZN, voilà donc L’Equipe, quotidien historique mais aussi machine digitale ultra-référente, qui se retrouve adossé à la Ligue.
Pour les abonnés, la simplification est réelle : une seule facture, un seul point d’accès, et une offre combinée presse + sport live qui, sur le papier, valorise les deux marques.
En arrière-plan, l’ombre de Canal+ continue de planer. Fin août, un bras de fer violent a opposé la chaîne cryptée à LFP Media. Canal, proche d’un accord de distribution, accuse la Ligue d’avoir saboté le deal, et menace d’une action en justice.
Nicolas de Tavernost, désormais aux manettes de LFP Media, a répliqué en estimant que Canal n’avait « pas vraiment voulu de réconciliation » avec le football français. Traduction : Maxime Saada a préféré l’escalade judiciaire au compromis, laissant ses abonnés sur la touche et ses concurrents profiter du terrain.
Au final, l’offre commune L’Equipe–Ligue 1 + cristallise deux tendances du sport-business actuel :
d’un côté, la consolidation autour de packs hybrides (contenu écrit + streaming) pour séduire et fidéliser ;
de l’autre, une tentative de marginalisation de Canal+, jadis incontournable, aujourd’hui perçu comme pécamineux par les propriétaires de club.
Le foot français, lui, savoure déjà ses premiers chiffres record, preuve que le public est prêt à s’engager — du moins quand l’offre est claire, le prix compétitif et la plateforme stable.
Avec 1 million d’abonnés, le Cabinet NPA Conseil avait estimé fin août que la Ligue dégagerait 40 M€ d’excédents à répartir entre les Clubs.
Le groupe WhatsApp du Wrap Up (experimental) est disponible ici : News, sondages et coulisses, c’est là que ça se passe :
Livestreamé ▶️ : Youtube veut pousser le live
⏳ : 1 min 49 sec
YouTube remet une pièce dans la machine du direct : 12 ans après avoir introduit le streaming en temps réel, la plateforme sort la plus grosse mise à jour de ses outils depuis 2013.
Objectif : transformer une pratique encore « de niche » en phénomène culturel grand public. Toni Reid, VP produit, compare la situation actuelle à celle du podcast vidéo il y a quatre ans : un moment charnière.
Le pari est logique : plus de 30% des visiteurs quotidiens de YouTube consomment déjà du live (ce qui est différent de dire que le live représente 30% de la consommation quotidienne du site).
Le site domine le marché devant TikTok, Twitch, Kick (plateforme australienne qui a récemment défrayé la chronique en France avec la mort en direct de Jean Pormanove) et Rumble1.
Mais à l’échelle des masses, le direct reste embryonnaire.
Popularisé par les gamers, il s’étend désormais aux débats politiques (des millions de spectateurs pour les primaires US), aux sports (la Bundesliga a confié des droits à des commentateurs sur YouTube) ou aux shows mainstream (le premier match NFL diffusé gratuitement mondialement en 2025 par la plateforme2).
Pour convaincre les hésitants, YouTube déroule un arsenal de nouveautés :
« Practice mode » permet de répéter avant de se lancer, comme un karaoké du live.
Les pubs trop présentes sont remplacées par des formats côte-à-côte, moins intrusifs.
Autre innovation : le co-streaming élargi, qui autorise un créateur à réagir en direct sur un flux officiel, façon « watch party ».
Exemple rêvé : une influenceuse mode commentant le tapis rouge du Met Gala depuis son canapé. L’idée est simple : donner aux spectateurs le choix entre la version officielle et celle de leur créateur préféré.
Tout cela sert une ambition claire : transformer le direct en « média populaire » où la frontière entre scène et salle s’efface dans le flux des chats.
Pour Adam Faze, producteur digital, le frein n’est pas la technologie mais l’absence de formats et de talents capables de séduire le public adulte. En clair : encore un effort pour devenir le « Netflix du live ».
Reste que le format est risqué. Brutalité de l’instant oblige, les dérapages sont fréquents : crimes retransmis en direct, influenceurs commentant à chaud des drames sans filtre. Dean Withers, streamer politique, a ainsi regretté d’avoir réagi en direct à l’assassinat de Charlie Kirk, sans recul ni retenue.
YouTube tente donc de canaliser un média par essence incontrôlable (tiens c’est peut être pour ça que la TV est régulé dans la plupart des pays).
Entre le pari de la monétisation publicitaire et la promesse d’un nouveau terrain d’expression pour les créateurs, le direct devient la prochaine bataille des plateformes.
Netflix lorgne déjà sur le sport en live ; YouTube veut occuper tout le reste. Une nouvelle étape de l’économie de l’attention s’ouvre : après avoir capté nos soirées, il s’agit désormais de squatter notre présent.
Contourré 🫥 : le deal Tiktok US prend forme
⏳ : 1 min 32 sec
La Maison Blanche vient de lever un coin du voile sur le feuilleton TikTok.
Selon sa porte-parole, Karoline Leavitt, un accord a été trouvé – mais pas encore signé – pour faire passer les opérations américaines de l’application chinoise sous contrôle majoritairement… américain.
La nouvelle entité américaine aurait un conseil d’administration composé de sept membres, dont six Américains.
L’algorithme, cœur nucléaire de TikTok, serait lui aussi contrôlé depuis les États-Unis.
“Il ne reste qu’à signer, ce qui devrait se faire dans les prochains jours”, a précisé Leavitt sur Fox News.
Côté actionnariat, Bloomberg rapporte que les futurs investisseurs incluraient Oracle, Andreessen Horowitz et Silver Lake Management.
Oracle serait aussi chargé d’assurer la sécurité et la conformité de l’application.
L’actuel propriétaire, ByteDance, tomberait à moins de 20% du capital de la nouvelle structure. Autant dire une quasi-expropriation camouflée en “deal technologique”.
Cette sortie par le haut arrive après des mois de bras de fer : Donald Trump, revenu à la Maison Blanche, avait multiplié les ultimatums via une loi qui impose la vente de TikTok sous peine d’interdiction pure et simple sur le sol américain.
Vendredi, il a même annoncé que Xi Jinping lui-même avait donné son feu vert. Cet interventionnisme ne sera pas gratuit : on apprend dans les Echos que le locataire de la Maison Blanche entend prélever comme deal maker, une importante commission d’intervention (de l’ordre du milliard de dollars pour une deal qui devrait être de l’ordre de la dizaine de milliard).
Ce deal s’inscrit dans une logique déjà testée avec d’autres actifs stratégiques : plutôt que de bannir, on découpe, on relocalise et on impose des partenaires locaux triés sur le volet.
Oracle retrouve ainsi un rôle central, dix ans après avoir raté le virage du cloud grand public3, tandis que les fonds de la Silicon Valley (Andreessen Horowitz, Silver Lake) s’assurent une entrée dans le réseau social préféré de la Gen Z.
ByteDance, de son côté, se retrouve à accepter une dilution massive et une perte de contrôle sur son bijou mondial, sans doute pour éviter le scénario du bannissement pur et simple. Reste à voir si ce spin-off forcé transformera TikTok US en acteur réellement indépendant… ou en vitrine locale sous haute surveillance.
Là, ce n’est pas Hollywood, mais Washington qui fait son remake : “TikTok, Made in America (version censurée)”.
On constatera qu’à tort ou à raison, l’Europe n’a pas grand chose à dire sur l’emprise de l’entreprise chinoise sur sa jeunesse…
Visitée 🏰 : la maison musée de Dali à Port Lligat (Catalogne)




⏳ : 1 min 38 sec
C’est une excursion plus lointaine cette semaine que je vous propose : la maison de Salvador Dalí à Port Lligat, petit port accroché à la Costa Brava.
C’est là que l’enfant terrible du Surréalisme posa ses valises (et ses moustaches), bricolant son refuge à la mesure de ses extravagances.
La demeure, d’abord une simple cabane de pêcheur, s’est agrandie au fil des années par rachats et jonctions successives.
Chaque nouvelle « cellule » répondait à un besoin, un caprice ou une lubie. Résultat : un enchevêtrement de pièces et de couloirs biscornus, qui rappellent moins une villa de maître qu’un organisme vivant en croissance anarchique (les initiés aux labyrinthes de la BNP rue d’Antin auront une impression familière).
À l’intérieur, chaque recoin est théâtralisé. Gala, sa muse et architecte discrète des lieux, et Dali, maître de cérémonie, ont composé une scénographie où tout est décor, symbole ou provocation.
On croise un ours empaillé posté dans l’entrée comme un majordome, les cygnes naturalisés du jardin, les Immortelles jaunes séchés sont disposées un peu partout, ou encore une galerie photo où l’artiste trône au milieu des puissants de la planète.
Peu de toiles en revanche : la plupart ont été transférées vers le grand musée de Figueres ou le château de Pubol. Ici, on est dans l’intime, pas dans la collection officielle.
Le mobilier fleure bon les années 70 : transistors, fauteuils bas, jusqu’à une cabine téléphonique installée comme pour rappeler que, même exilé dans sa crique, Dalí tenait à rester connecté au monde (à sa manière).
L’objet le plus emblématique reste toutefois le miroir de Dalí, astucieusement disposé pour que, depuis son lit, il puisse contempler le lever du soleil sur la mer. Port Lligat étant voisin du cap de Creus, le point le plus oriental de l’Espagne continentale, Dalí pouvait nourrir l’illusion narcissique d’être le premier Espagnol à voir poindre l’aube chaque matin.
Les extérieurs prolongent ce théâtre domestique. Une oliveraie en pente douce, des patios blanchis à la chaux, des terrasses qui ouvrent des cadrages sur la baie : la nature y est domestiquée pour devenir décor vivant. La piscine, ajoutée en 1967, serpente comme une excentricité surréaliste où trône un canapé bouche calquée sur les lèvres de Mae West au milieu de statuettes kitsch en forme de matador. Entre sculptures, œufs géants et objets incongrus, le jardin joue lui aussi son rôle de mise en scène de Dali.
Au final, Port Lligat n’est pas un musée au sens classique, mais une immersion dans l’univers du maître : une maison entre atelier, cabinet de curiosités et décor de cinéma.
Rumble est une plateforme vidéo née au Canada en 2013, qui s’est fait connaître comme l’alternative « anti-YouTube ». Son positionnement : accueillir sans censure (ou presque) des créateurs souvent bannis ou malmenés ailleurs, notamment des figures conservatrices ou complotistes américaines. Rumble s’est présenté comme le refuge de la « liberté d’expression ». Elle est cotée depuis 2022 au Nasdaq.
Le match opposait les Kansas City Chiefs aux Los Angeles Chargers le 5 septembre 2025, à São Paulo, Brésil. Le match a attiré en moyenne 17,3 millions de spectateurs à la minute au niveau global dont 16,2 millions pour les Etats-Unis.
On se rappelle que cette semaine son PDG Larry Ellison est (re)devenu la première fortune mondiale à la suite de l’appréciation du cours de bourse d’Oracle, avec les perspectives de croissance de business avec les LLMs.







