Le Wrap Up de la semaine du lancement de la pub de ChatGPT (semaine du 4 mai 2026)
🤑 : OpenAI Pub - 🖥️ : Youtube dans les écoles US - 🤩 : l’IA-Jobpocalypse pas sûr - 📚 : #Booktok au chevet d’Hollywood - 🗿 : Michel-Ange et Rodin au Louvre
Au sommaire de cette semaine :
Scolarisé 🖥️ : comment Youtube s’est invité sur les bancs de l’école
Adapté 📚 : comment Hollywood s’appuie sur les communautés #Booktok
Teaser Extra Ball 🎱 : les clubs de lecture des stars
⏳ Temps de lecture : 7 min 13 sec
✳️ Le groupe WhatsApp du Wrap Up est disponible ici : News, sondages et coulisses, c’est là que ça se passe :
Pubé 🤑 : OpenAI ouvre ChatGPT aux annonceurs
⏳ : 1 min 32 sec
OpenAI a franchi une étape décisive dans la monétisation de ChatGPT : la publicité entre désormais dans sa phase industrielle.
L’entreprise de Sam Altman lance aux États-Unis une version bêta de son Ads Manager, une plateforme en libre-service (self-served dans le jargon) qui permet aux annonceurs de créer, acheter, piloter et mesurer leurs campagnes directement dans l’environnement ChatGPT.
Jusqu’ici, l’accès était contrôlé, coûteux, plus proche du pilote pour grands comptes. Désormais, la logique bascule : moins de friction, plus d’annonceurs mid tail, plus de volume.
Les premiers chiffres donnent l’ampleur de la nouvelle ambition d’OpenAI : la société a annoncé 2,5 Md$ de revenus publicitaires pour l’année 2026 et même une prévision à 100 Md$ d’ici 2030 (les rumeurs d’IPO n’ont bien sûr aucun rapport avec ces chiffres astronomiques).
En tout état de cause, l’entreprise ne teste plus timidement un format sponsorisé dans un coin de l’interface. Elle construit une régie en bonne et due forme, pas une échoppe artisanale avec trois commerciaux et un tableur partagé : une infrastructure ouverte aux agences, aux plateformes technologiques et aux annonceurs TPE/PME qui n’ont pas nécessairement les moyens de passer par les grandes agences média.
Le nouvel outil sera accessible directement aux entreprises, mais aussi via les grands groupes publicitaires comme Dentsu, Omnicom, Publicis et WPP.
Côté ad tech : Adobe, Criteo, Kargo, Pacvue ou StackAdapt font partie des premiers partenaires annoncés.
OpenAI ajoute aussi des outils de mesure, indispensables pour convaincre les annonceurs que ChatGPT peut devenir un canal média pilotable, comparable aux moteurs de recherche, aux réseaux sociaux ou au retail media.
L’étape la plus concrète concerne l’achat média :
Pendant la phase pilote, les annonceurs achetaient surtout au CPM, donc à l’impression.
Désormais, ils pourront acheter au CPC, ce qui rapproche la promesse d’une logique performance comme l’ont déployé depuis des années Google et Meta.
Le ticket d’entrée de 50 000$, auparavant nécessaire pour tester la plateforme, disparaît également. Ce détail est loin d’être anecdotique : le marché pub se construit désormais avec la longue traîne des PME, e-commerçants, applications et services qui ont déjà fait leur preuve ailleurs (environ 40% du CA Pub des big techs pub serait du self-served sans intermédiaire de type agence).
Le contexte de ce lancement est désormais connu : l’IA coûte cher, très cher. Les infrastructures, les puces, les modèles et la distribution grand public imposent aux acteurs de l’IA de faire feu de tout bois pour booster leurs revenus au niveau des coûts. Les abonnements ne suffiront pas. La publicité redevient donc le vieux pétrole du monde cognitif à venir.
Reste une question centrale : peut-on insérer de la publicité dans un assistant conversationnel sans abîmer la confiance ?
OpenAI promet que les annonces n’influencent pas les réponses organiques (tiens ça rappelle quelque chose) et que la barre restera haute en matière de vie privée (voir ici). C’est le bon discours, mais est-ce que des générations de mensonges de la Big Tech ne nous ont pas mis en garde contre ces déclarations d’intention.
Quand le modèle économique d’une interface cognitive devient le marché pub, la neutralité devient une loi d’airain ou une jolie phrase dans un communiqué...
🎧 Si vous préférez écouter la version audio de cette newsletter, essayez cette semaine en 🇫🇷 avec une intro qui surprend toujours par les rapprochements qu’elle trouve :
Scolarisé 🖥️ : comment Youtube s’est invité sur les bancs de l’école
⏳ : 1 min 32 sec
L’école élémentaire US a trouvé un nouveau professeur remplaçant : YouTube.
Au départ, l’idée semblait défendable. Un peu de Khan Academy1 pour expliquer les fractions, une vidéo pour rattraper un cours manqué, un support visuel pour animer une leçon.
Puis le cheval de Troie est entré dans la classe avec ses sabots : Chromebooks, comptes Google “d’école”, intégration de YouTube Kids, filtres imparfaits, recommandations automatiques, Shorts hypnotiques.
Le résultat est parfois absurde. Le Wall Street Journal raconte dans son long reportage qu’à Wichita, un collégien a pu regarder jusqu’à 13 000 (treize mille2) vidéos YouTube pendant les heures de classe entre décembre 2024 et février 2025. Dans son fil : culture des armes, mises en scène de tirs à la tête, blagues sexuelles, vidéos sans rapport avec l’école.
Ailleurs, une élève de CE1 a vu plus de 700 vidéos en deux mois, dont une avec pole dance (utile en CE1 dans un pays qui fait des concours de mini-miss aussi!).
Un lycéen de l’Oregon en a enchaîné plus de 200 entre 9h et 11h40. Le problème n’est pas tant l’ordinateur comme outil pédagogique, mais l’école désanctuarisée et qui devient le point d’entrée vers le scroll infini.
La dépendance est devenue structurelle des deux côtés du bureau : 94% des enseignants déclarent avoir utilisé YouTube dans leur travail. Plus de 88% des écoles publiques américaines ont adopté les appareils individuels.
Les Chromebooks représentent environ 60% du marché mobile de la maternelle à la terminale. YouTube est parfois l’un des sites les plus consultés sur ces appareils scolaires, qui peut représenter jusqu’à la moitié du trafic des écoliers dans certaines académies.
Google répond que les écoles “peuvent” bloquer YouTube ou limiter l’accès aux vidéos assignées par les enseignants, sans publicité ni recommandations.
En pratique, les académies racontent en pratique comment ça se passe : contournements, liens partagés dans Google Docs ou Slides, filtres insuffisants, outils mal intégrés, enseignants dépendants de la plateforme pour leurs cours.
Même d’anciens cadres de Google reconnaissent que filtrer en temps réel un océan de contenus mouvants relève du casse-tête.3
Le plus inquiétant pour tout le système éducatif c’est la corrélation de plus en plus nette entre cette invasion numérique et les scores américains en lecture et en mathématiques à leurs plus bas niveaux depuis des décennies.
Plusieurs chercheurs4 soulignent que l’apprentissage sur papier reste plus favorable à l’attention, au langage et aux fonctions exécutives. Certaines académies parlent déjà de 31 jours d’enseignement perdus par an à cause de la distraction du temps d’écran.
Les parents s’organisent donc en enquêteurs de données :
À Bend, une des villes du reportage, 82% de près de 1 000 parents sondés soutiennent le retrait de YouTube des iPads scolaires.
À Los Angeles, l’académie veut limiter l’usage libre.
En Caroline du Nord, un superintendent bloque YouTube et teste des mardis et jeudis sans technologie.
Retour donc discret du papier-crayon : cette vieille start-up analogique qui collecte peu de données sur les enfants.
Optimiste 🤩 : l’IA-Jobpocalypse n’est pas certaine
⏳ : 1 min 32 sec
La grande peur du moment tient en une prophétie très rentable : l’IA serait sur le point de détruire le travail de bureau, d’effacer les juniors en cols blancs, de transformer les diplômés en exécutants de leur machine et de faire passer le chômage américain à des niveaux digne de la Grande Dépression.
Le récit est omni présent sur les réseaux, dans la presse, à la TV, dans les discussions du dimanche sur ParcourSup.
70% des Américains pensent désormais que l’IA réduira les opportunités d’emploi, contre 56% un an plus tôt.
Dario Amodei, le pdg d’Anthropic, évoque de son côté la disparition possible de 50% des emplois juniors dans la tech, le droit, le conseil et la finance d’ici… cinq ans.
Mustafa Suleyman, CEO de Microsoft AI, parle d’une automatisation massive du travail tertiaire dans une prochaine période de 12 à 18 mois.
Sam Altman a déjà prévenu que le prix de nombreuses formes de travail pourrait tendre vers zéro.
Traduction moins policée : paniquez, investissez et laissez les grands prêtres de l’IA construire leurs cathédrales de GPU.
Le problème, c’est que les données refusent encore de jouer leur partition dans cette fresque apocalyptique.
Le chômage américain était à 4,3% en mars 2026, soit quasiment le niveau de mars 2020. L’emploi tech est passé de 8,7 millions de personnes en 2020 à 9,6 millions en 2023, puis s’est stabilisé depuis. Pas glorieux, mais pas exactement Terminator dans l’OpenSpace non plus.
Les licenciements récents de Meta, Microsoft, Oracle ou Tesla annoncés avec fracas, s’expliquent aussi en partie par le reflux des embauches post-Covid, la pression des marchés, les mauvais résultats ou la nécessité de financer des puces hors de prix.
L’IA sert alors d’excuse propre, moderne, sexy. Avant, on disait “restructuration”. Maintenant, on dit “grand remplacement par l’IA”. Ca fait plus Nasdaq.
Selon Ezra Klein, un des journalistes en vue du NY Times sur l’IA, ce récit du remplacement lui-même a une histoire. À chaque grande rupture technique, la même pièce est rejouée : les machines vont prendre les emplois, puis la société découvre que les tâches disparaissent plus vite que les métiers.
Les tableurs auraient dû tuer les comptables ; depuis VisiCalc en 1979, leur nombre a quadruplé en quarante ans.
Les ordinateurs ont supprimé des gestes, mais ouvert une demande nouvelle pour davantage d’analyse, de supervision, d’assurance, de coordination.
C’est le désormais vieux paradoxe de Jevons : quand une ressource devient moins chère et plus efficace, on ne l’utilise pas MOINS, on lui trouve mille usages supplémentaires.
L’IA pourrait suivre ce chemin. Les développeurs coderont peut-être moins ligne à ligne, mais penseront davantage en architectes.
Les petites entreprises qui ne pouvaient pas se payer une équipe de cinq développeurs voudront soudain leurs outils sur mesure. Les métiers exposés ne disparaîtront pas nécessairement ; ils changeront de centre de gravité. Le vrai sujet n’est donc pas de savoir si l’IA va automatiser des tâches. Evidemment. La vraie question est de savoir si la demande humaine pour l’analyse, le jugement, la relation, la confiance et la responsabilité est élastique. Et tout semble indiquer qu’elle l’est (autrement dit : si l’IA fait baisser massivement le coût de l’intelligence, allons-nous consommer beaucoup plus d’analyse ou simplement en acheter beaucoup moins aux humains).
C’est là que l’argument rejoint une intuition plus profonde : quand tout devient automatisable, le rare redevient humain.
Les plus riches ne consomment pas moins d’humain quand ils s’enrichissent, ils en consomment plus : médecins qui les écoutent, coachs qui les connaissent, professeurs particuliers pour leurs enfants, thérapeutes qui les aident à mettre un peu d’ordre dans le bazar intérieur. Nespresso n’a pas tué les cafés. La machine a banalisé l’expresso, puis l’expérience sociale autour du café a pris encore plus de valeur.
Ce qu’Ezra Klein soutient : l’automatisation ne supprime pas toujours le désir d’humain, elle le rend plus identifiable.
Le scénario vraiment dangereux n’est peut-être pas l’apocalypse générale, mais la casse partielle et silencieuse. Si l’IA détruit 80 millions d’emplois, les États devront réagir. Si elle en fragilise 8 millions, ils feront probablement ce qu’ils font souvent : quelques mois d’assurance chômage, des formations souvent mal calibrées, une injonction sur la nécessaire adaptabilité au marché, puis retour, aux Etats-Unis, à tout le moins, le retour au marché.
Le choc chinois aurait coûté environ 2 millions d’emplois aux États-Unis, avec un effet dévastateur dans les poches de la Rust Belt, avec un impact social beaucoup plus marqué dans certaines communautés. On pourrait résumer les choses ainsi : l’économie nationale, ce monstre froid, a absorbé, les gens beaucoup moins.
Dans une chronique sortie cette semaine aussi, Scott Galloway enfonce le clou là où ça fait mal : la panique IA est peut-être moins une prévision économique qu’une stratégie marketing.
Les hyperscalers ont besoin de faire croire que l’IA va tout bouleverser très vite, parce que cette peur justifie les valorisations, les levées de capitaux et les dépenses d’infrastructure délirantes.
Depuis le lancement de ChatGPT, les valeurs liées à l’IA ont représenté 76% du rendement du S&P 500, 87% de la croissance des bénéfices et 90% de la croissance des dépenses d’investissement.
Quand une histoire concentre autant de capital, elle n’est plus seulement une thèse technologique, ça devient une orchestration narrative immense.
Reste pour lui et il retrouve Ezra Klein sur ce terrain-là, avec des accents de sincérité et de préoccupation personnelle plus marqués, le vrai poison : l’inégalité.
L’IA est mieux perçue par les plus riches, surtout parmi ceux qui gagnent plus de 200 000 dollars par an.
Les autres sentent bien que le progrès arrive encore une fois emballé comme une promesse universelle, mais livré d’abord aux plus gros patrimoines. Le risque n’est pas que le travail disparaisse. Le risque est que les gains soient captés, que les pertes soient individualisées, et que les travailleurs précarisés soient priés de remercier l’innovation pour leur déclassement (le fait que cette révolution touche pour partie les cols blancs, va sans doute rendre son acceptation sociale plus difficile par ceux qui ont davantage accès aux décideurs publics et aux médias).
L’apocalypse du travail par l’IA n’est donc peut-être pas pour demain. Le désordre, lui, a déjà un peu commencé. Et comme souvent, les incendiaires vendent aussi les détecteurs de fumée.
Adapté 📚 : comment Hollywood s’appuie sur les communautés #Booktok
⏳ : 1 min 29 sec
BookTok est en train de devenir l’un des bureaux d’études les plus efficaces d’Hollywood. À l’origine, une communauté de lecteurs très actifs qui recommandent, commentent, pleurent, s’énervent et s’enthousiasment sur TikTok autour de leurs derniers livres.
À l’arrivée, une machine assez efficace de préqualification pour studios en quête de franchises, de fandoms et de prise de risques un peu moins aveugle.
Le mouvement est simple : les plateformes regardent ce que les lecteurs ont déjà validé, puis achètent les droits avant que le voisin ne le fasse.
Selon la Publishers Association, près de la moitié des séries dramatiques originales lancées sur Netflix, Disney+ et Amazon Prime Video entre janvier 2024 et juin 2025 étaient adaptées de livres.
Au cinéma, parmi les 50 plus gros succès au box-office entre 2020 et 2024, les adaptations ont rapporté 57% de plus que les œuvres non adaptées.
BookTok apporte surtout ce que les studios aiment par-dessus tout : une audience déjà captive.
Les lecteurs attendent l’adaptation, chauds comme la braise, ils la commentent avant même son tournage, surveillent les moindres détails du casting, défendent sur les réseaux, leurs personnages préférés, font vivre les couples, les clans, les théories.
Pour Banijay, cette communauté a déjà fait une partie du travail de tri : elle identifie les livres qui déclenchent une réaction émotionnelle réelle. Et, détail charmant pour les directions marketing, elle assure aussi une partie de la promotion gratuitement. L’affiche de cul de bus peut continue à se raccornir.
Les montants suivent : les droits des titres les plus suivis peuvent atteindre plusieurs millions de dollars.
Amazon MGM aurait ainsi payé environ 2 M$ pour les droits cinéma de The Last Letter de Rebecca Yarros, autrice très installée dans la romantasy
En Europe, plus de 50 millions de livres recommandés par BookTok ont été vendus en 2025, pour plus de 800 M€ de revenus selon NielsenIQ BookData.
Les succès récents valident la stratégie.
Bridgerton compte deux saisons dans le top 10 historique de Netflix.
The Summer I Turned Pretty a attiré 70 millions de vues en 70 jours pour sa saison 3 sur Prime Video, dopée par des fans qui se déchiraient joyeusement entre #TeamConrad et #TeamJeremiah.
Pour l’instant, les adaptations concernent surtout la romance contemporaine. La romantasy, mélange de romance et de fantasy, arrive derrière avec un potentiel énorme mais des contraintes plus lourdes : effets visuels, univers à construire, budgets plus épais. Fourth Wing de la même Rebecca Yarros, acheté par Amazon en 2023, illustre cette lente digestion industrielle.
La nouveauté, au fond, est que BookTok transforme le goût collectif en signal exploitable. Les best-sellers racontaient ce que les éditeurs et les distributeurs avaient déjà sélectionné. BookTok montre ce que les lecteurs désirent bruyamment, en temps réel, sans filtre apparent. Pour les studios, c’est moins romantique que la découverte littéraire à l’ancienne d’un manuscrit oublié, mais sans doute, infiniment plus confortable pour signer un chèque à 8 chiffres.
Teaser Extra Ball 🎱 : les clubs de lecture de stars, bonne idée?
Les abonnés payants recevront jeudi l’Extra Ball 🎱 directement dans leur boîte mail.
Au programme : après BookTok comme nouveau radar d’Hollywood, place aux clubs de lecture de stars, où Dua Lipa, Oprah ou Reese Witherspoon ne se contentent plus de recommander des livres : elles deviennent les nouvelles prescriptrices culturelles.
Plus de 4 M de livres ont été publiés aux États-Unis l’an dernier, les relais de prescription habituels sont bousculés, les actrices reconvertis en Bernard Pivot mènent la danse.
Quand Reese Witherspoon peut transformer un roman comme Là où chantent les écrevisses en best-seller à plus de 12 M d’exemplaires puis en film (produit, tiens tiens, par sa propre société de production), la “critique littéraire” commence à ressembler à une vaste blague très bien habillée.
Pour en savoir plus, abonnez-vous et recevez l’Extra Ball 🎱 dès jeudi :
Sculptural 🗿 : Michel-Ange et Rodin au Louvre
⏳ : 1 min 32 sec
Michel-Ange et Rodin au Louvre. Ca devrait suffire comme teaser pour y aller mais on va faire un petit effort pour vous donner envie d’y aller pendant l’Ascension. C’est un dialogue entre deux artistes qui évidemment ne se sont jamais croisés mais qui semblent, par l’entremise d’un belle muséographie du Louvre, avoir passé plusieurs siècles à se répondre par blocs de marbre, torses contractés et corps inachevés.
L’exposition organise cette conversation en cinq mouvements :
le mythe des deux artistes,
la réinvention de la nature et de l’Antiquité (réactivation pour Michel-Ange, réappropriation pour Rodin)
le non finito (celui il est assez explicite, on dirait un dialogue des Minions) mais à la nuance que Michel-Ange fait sortir la vie de la pierre, là où Rodin l’utilise davantage pour montrer les étapes de la création artistique de la sculpture;
la tension entre corps et âme,
puis l’énergie au coeur de la sculpture.
Le point commun : on part du corps mais la psychologie sous l’épiderme y transparaît magnifiquement.
Chez Michel-Ange, l’anatomie est révérée comme un signe de la magnificence divine : le muscle fusionne avec l’âme, la chair parle.
Chez Rodin, le corps est maltraité : il se fragmente, se cabre, se tord, comme si l’émotion prenait possession de notre enveloppe charnelle.
Tous les deux cherchent à faire surgir le feu intérieur.
L’exposition montre deux génies en s’attachant davantage la ressemblance, les correspondances : une histoire de muscles, donc, mais aussi celle du souffle divin qui prend vie dans l’inanimé.
Fondée en 2006, Khan Academy est une plateforme qui donne accès à un enseignement gratuit pour tous. Depuis 2013, elle est adaptée en français par Bibliothèques Sans Frontières. 13M de personnes se sont connectées à la plateforme francophone.
comme le précisent souvent les avocats quand les chiffres sont importants
pour la défense de YouTube : 700 000 heures de contenus sont uploadés tous les jours sur Youtube, cependant on pourrait supposer qu’avec l’IA, ce volume puisse néanmoins être filtré. Il va être de plus en plus compliqué pour les Big Techs de parer de toutes les vertus l’IA et dans le même temps dire qu’elle est impuissante pour filtrer le contenu inapproprié en fonction du public devant l’écran.
Voici les papiers les plus récents sur ces sujets :
Yiren Kong, Yoonsook Seo et Ling Zhai, “Comparison of reading performance on screen and on paper: A meta-analysis” Kong, Seo & Zhai, Computers & Education, 2018 :
Virginia Clinton, “Reading from paper compared to screens: A systematic review and meta-analysis”, Clinton, Journal of Research in Reading, 2019
Sur les liens entre exposition aux écrans, lecture et développement cérébral chez l’enfant, voir Tzipi Horowitz-Kraus et John S. Hutton, “Brain connectivity in children is increased by the time they spend reading books and decreased by the length of exposure to screen-based media”, Horowitz-Kraus & Hutton, Acta Paediatrica, 2018, John S. Hutton et al., “Associations Between Screen-Based Media Use and Brain White Matter Integrity in Preschool-Aged Children”, Hutton et al., JAMA Pediatrics, 2020







