Le Wrap Up de la semaine du deal CMA Médias - Youtube (semaine du 4 janvier 2026)
📱 : Disney+ en 9/16ème - 🤑 : Ben Affleck impose une prime de succès à Netflix - 🌊 : CMA Médias + YouTube - 🎨 : John S. Sargent, un Américain éblouit Paris
Au sommaire de cette semaine :
🎱 Teaser Extra Ball : prédictions 2026 (2/4) de Scott Galloway
⏳ Temps de lecture : 8 min 48 sec
Verticalisé 📱 : Disney+ se met au 9/16ème
⏳ : 1 min 30 sec
C’est l’une des annonces phares en ouverture du CES de Las Vegas cette année :
Disney+ tente de se réinventer et d’accrocher les usages quotidiens avec un virage à 180° : l’intégration de vidéos verticales, façon TikTok et Reels, prévue pour cette année.
Objectif : faire en sorte que la plateforme, reine du streaming familial mais moins addictive au quotidien que ses rivaux sociaux, devienne enfin un “lieu de rendez-vous” régulier – pas seulement pour les marathons séries du dimanche.
Au menu, pas de bricolage à la marge. Disney prévoit d’explorer tous les formats : contenus courts originaux, extraits remaniés de ses blockbusters, ou même clips sociaux recyclés.
“Tout est sur la table”, énonce Erin Teague, EVP Product Management, déterminée à rendre la consommation verticale “native” à l’expérience Disney+.
Pas de teaser de films, mais une vraie promesse : du snackable, du court, du personnalisé, façon scroll infini pour Gen Z et Gen Alpha, ceux-là même qui ricanent devant l’idée de regarder un film de 2h30 sur mobile.
Cette offensive n’est pas un coup de poker isolé.
L’expérience “Verts” (pour Verticals) sur l’appli ESPN en cours depuis août dernier a servi de laboratoire : Disney y a testé le format et les habitudes de zapping.
Résultat : les vidéos verticales ont su devenir des habitudes quotidiennes pour beaucoup.
YouTube, après avoir longtemps traîné des pieds, a dû s’y mettre et avec des effets inattendus : aujourd’hui, la majorité des YouTube Shorts sont vus… sur la télé du salon.
Mais la bataille ne se joue pas que sur le terrain du format. Rita Ferro, patronne mondiale de la pub chez Disney, mise sur l’atout live : ESPN capte 33 % de la consommation de sport en direct aux US, loin devant le numéro deux à 20 %.
Le jour de Noël, 96 % des impressions publicitaires du jour venaient du sport ! Le direct, en particulier le sport, reste le plus grand aimant à audience, et la chasse aux formats “snackables” vise à les fidéliser au quotidien.
Côté pub, Disney lance un nouvel indicateur “Brand Impact Metric”, destiné à mesurer l’effet halo quand campagnes de marque et campagnes performance (sous entendu TV + mobile) s’alignent, ajoutant aux datas propriétaires des mesures externes d’impact sur les ventes.
Disney+ veut rattraper le temps perdu : il veut devenir un réflexe quotidien, celui qui fait le succès insolent de TikTok et Instagram Reels, sans renier ses racines – le tout en surfant sur les attentes d’une génération pressée, mobile, zappeuse, et accro au format court.
Reste à voir à quoi ressemblera le contenu ainsi proposé.
✳️ Le groupe WhatsApp du Wrap Up est disponible ici : news, sondages et coulisses, c’est là que ça se passe :
Incentivés 🤑 : Matt Damon et Ben Affleck arrachent une prime de succès à Netflix
⏳ : 1 min 43 sec
Uen hirondelle ne fait pas le printemps, mais le monde de la production a dû prendre plaisir à lire l’info du New York Times : Ben Affleck et Matt Damon, via leur société Artists Equity, décrochent un deal inédit avec Netflix pour leur nouveau film « The Rip » : l’ensemble des 1 200 personnes impliquées dans la production, du réalisateur à l’assistant plateau, toucheront une prime si le film cartonne sur la plateforme.
Un modèle qui rompt avec la politique Netflix traditionnelle, qui privilégie les cachets fixes versés avant la sortie et refuse généralement tout paiement (« back-end ») lié au succès, contrairement aux anciens usages d’Hollywood.
Budget de près de 100 M$, suspense policier musclé, mais l’essentiel est ailleurs : ce « bonus collectif » dépendra des performances du film dans les 90 premiers jours, comparées à celles des autres titres Netflix.
Affleck, fidèle à un storytelling de “col bleu” hollywoodien, justifie ce choix par une volonté de « justice » et d’alignement des intérêts sur le plateau : mieux motiver l’ensemble de l’équipe et briser l’absurdité d’un système où seuls quelques stars et producteurs profitaient du jackpot en cas de carton.
Netflix a longtemps martelé ne pas vouloir changer de modèle. Pourtant, la papesse des contenus, Bela Bajaria, avoue ici une entorse assumée : « On voulait absolument travailler avec Matt et Ben, ils sont entrepreneurs et progressistes, et leur boîte défend des idées intéressantes. »
Les critères précis du bonus restent secrets, mais Affleck évoque un grand slam tier atteignable uniquement si le film tutoie les records d’audience — à l’image du blockbuster « K-Pop Demon Hunters » et ses 325 millions de vues, pas gagné même si le duo s’y connaît en succès.
Ce partenariat surgit dans le contexte du rachat de Warner Bros pour 83 milliards de dollars, faisant trembler l’industrie. L’accord « The Rip » fait figure de test pour Netflix : l’avenir du partage de la valeur avec les créateurs s’écrira-t-il avec de nouveaux modèles d’intéressement ?
Ben Affleck revendique le bon sens du terrain : mieux vaut une équipe soudée par une perspective de prime collective que des discours d’encouragement sans lendemain.
Netflix, sans s’engager sur une généralisation, laisse la porte entrouverte à ce type d’arrangement, selon la demande des talents.
Si ce modèle s’impose, chacun – du chef op’ au project designer – pourra témoigner d’un “montant significatif” reçu. De quoi réveiller une industrie fatiguée des grands écarts salariaux et des succès non partagés.
Ce que l’histoire ne dit pas : est-ce que le prix d’acquisition de base était plus bas que la moyenne des acquisitions de Netflix pour ce type de “produits”, auquel cas on parlera plutôt de paiement différé.
Si vous préférez essayer la version audio de cette newsletter, essayez le rendu de NotebookLM (cette semaine en 🇫🇷) :
Rubiconné 🌊 : CMA Médias deale avec YouTube

⏳ : 1 min 40 sec
Les Echos reviennent sur l’événement de la semaine chez CMA Media (BFMTV, RMC, Brut) : le 3ème groupe audiovisuel privé franchit le rubicon et scelle un partenariat massif avec YouTube, façon ITV ou Channel 4 au Royaume-Uni, mais inédit dans l’Hexagone.
Le deal : 1 000 heures de contenus par an (ie 20 heures par semaine), intégrales d’émissions, replays (pas immédiatement : deux semaines après la diffusion), créations originales de Brut, chaînes thématiques digitales RMC et BFM – le tout conçu pour séduire une audience plus jeune, friande de contenus à la carte.
Nouvelle ère assumée par la DG de CMA Media, Claire Léost, arrivée récemment dasn les équipes de l’armateur Saadé et décidée à faire bouger le groupe vis-à-vis des plateformes : “On ne peut plus se barricader.”
En ligne de mire, la concurrence des chaînes infos sur la TNT et la nécessité d’aller chercher de nouveaux publics là où ils (sur)consomment déjà : YouTube, nouvelle terre promise de l’audiovisuel français.
Objectif affiché : +50% de vues sur YouTube, doublement des revenus vidéos issus des réseaux sociaux (pub & sponsoring). Aujourd’hui, sur les 500 M€ de CA Pub de la régie CMA Media, 100 M€ proviennent du digital, dont la moitié via les réseaux sociaux.
Le groupe revendique 24 milliards de vidéos vues/an tous environnements numériques confondus ; sur YouTube, BFM TV aligne 2,5 millions d’abonnés, 19 millions de vues mensuelles – à distance des HugoDécrypte etc, mais une force de frappe non négligeable. Soulignons au passage que produire de l’info et la reprendre pour la synthétise, la commentaire ne sont pas les mêmes métiers !
Point clé de l’accord : CMA Media gère la commercialisation de ses espaces pub YouTube avec un “guichet unique”, bénéficiant d’accords premium pour négocier les tarifs et vendre des blocs thématiques, à l’instar des “partner sales” dont profitent déjà TF1, M6 ou France TV.
Mais là où ces grands groupes se limitent encore à quelques contenus de stock ou coups marketing, CMA Media met les bouchées doubles : diffusion massive, montée en puissance des formats natifs sociaux (podcasts vidéo, live, reportages), studio dédié chez BFM, offensive sur le divertissement et le sport.
Derrière la vitrine, un pari sur l’évolution des usages et la quête de revenus nouveaux : faire de YouTube un canal central, non plus secondaire, dans la stratégie audiovisuelle française. Reste à voir si ce modèle, jugé jusqu’ici peu viable pour les émissions “fraîches”, peut casser le plafond de verre économique et réinventer la relation (amoureuse ou toxique) entre télé et plateformes.
Best post 2025 (2/5) : la vente de Brut à CMA Médias
⏳ : 59 sec
On poursuit cette semaine avec les meilleurs articles du Wrap Up de l’an passé, cette semaine : l’annonce de l’acquisition de Brut par CMA Médias.
Qu’en retenir ?
Le deal était annoncé en juin dernier et il est allé à son terme : CMA Médias a finalisé en décembre l’acquisition du producteur de contenus Brut, finalisant ainsi le cycle d’achat des médias traditionnels sur les médias vidéo sociaux français dignes de ce nom. Après La Provence, BFMTV-RMC, La Tribune et sa montée au capital de Pathé, CMA CGM achève sa mue en empire média protéiforme — Brut finit sa course après une décennie de croissance à crédit et de pivots en série (streaming avorté, plans sociaux, fermeture des bureaux étrangers).
Et maintenant début 2026 ?
La promesse d’indépendance éditoriale reste mise en avant, mais la logique industrielle va se mettre très probablement en oeuvre : synergies de régie ? (le beau deal avec France TV Pub va t il toucher à sa fin?), synergies éditoriales et peut-être la poursuite de la profitabilité (la plateforme annonce l’être depuis 2023 sans qu’on en connaisse les chiffres).
Le dernier pure player social français bascule (à nuancer : Loopsider n’est toujours détenu qu’à 49% par CMI), et l’horizon de l’indépendance se réduit peu à peu dans le paysage vidéo (même si les créateurs constituent une galaxie encore indépendante).
Les “licornes” médias ont toutes tendance à finir, bon gré mal gré, dans l’escarcelle d’un industriel — Webedia saura-t-elle faire mentir ce constat éprouvé ?
Extraball 🎱 prédictions 2026 (2/4) : l’avis de Scott Galloway
⏳ : 47 sec
Scott Galloway sort ses prédictions 2026. Provoc’, chiffrées, utiles. 👀 Je vous les restitue en les commentant avec quand c’est pertinent un ajout français.
👉 Indices sans tout dévoiler :
Le AI crash à portée de main (dumping, marges, data centers au mur), le duopole Nvidia - OpenAI sous pression; Amazon s’en sort en combinant AI + robotique
La prochaine frontière : l’espace ?
Short-form + IA bousculent Hollywood
Le deal de l’année auquel vous n’aurez pas accès : Tik Tok US
A surveiller : Waymo et les véhicules autonomes, le délire des marchés prédictifs, les compagnons IA…
🇫🇷 Pourquoi c’est clé aussi pour nous ?
Sans qu’on ait la même latitude vis à vis de ces prochains événements, on peut tout de même adopter des tactiques en France pour y réagir : faire ses achats IA comme un intrant, produire “YouTube-ready”, prévenir plutôt que guérir sur la protection de la jeunesse et des marques brand, et faire jouer l’UE enfin comme avantage compétitif.
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Vu 🎨 : John S. Sargent, un Américain à Paris
⏳ : 2 min 11 sec
Faut-il parler des expos qui ne sont plus disponibles ?
Dimanche dernier s’achevait la première grande rétrospective sur John Singer Sargent au Musée d’Orsay, John qui ?
John Singer Sargent est un Américain né à Florence en 1856 (so chic), il témoigne d’un génie précoce pour la peinture à la fin du XIXe siècle, il oscille désormais entre star du Metropolitan de New York et pilier du gotha artistique britannique.
La France l’ignore à peu près royalement selon les termes des Commissaires de l’exposition qui tente de corriger cette incongruité nationale, en rassemblant plus de 90 œuvres (certaines inédites en France) et en retraçant la petite décennie parisienne qui donna sa stature à Sargent.
À 18 ans, Sargent débarque non pas de sa province mais de Dresde et Toscane où les cours ne sont pas au niveau des attentes de sa mère. A Paris en 1874, il va suivre l’enseignement d’un certain Carolus-Duran, peintre “à la cour” des mondanités.
Là où le naturalisme et l’impressionnisme commencent à se faire une place, il se forge son style. Il capte la mue d’une société cosmopolite, ses portraits concernent beaucoup le Tout Paris et son cortège de nouveaux riches, qui fait assaut de modernité pour être à la page.
Peu attiré par les scènes d’extérieur, Sargent s’ancre à Paris tout en papillonnant en Europe et jusqu’en Afrique du Nord, à mon goût les tableaux les plus réussis : il en rapporte des paysages pleins de mystère et d’exotisme.
Mais c’est dans l’art du portrait qu’il décide de doubler la mise : ses toiles montrent une certaine virtuosité technique, un usage très expert des pointes de couleur sur un fond terne (emprunté à une admiration forte pour Velasquez ramené d’excursions au Prado) entre, selon la formule consacrée, “classicisme et modernisme”.
Les critiques le saluent et il est à deux reprises distingué par le Salon Officiel. C’est peut être ce succès précoce qui l’encourage dans sa voie et l’emmène à transposer sur la toile l’esprit transgressif de l’époque : le portrait de Virginie Gautreau (“Madame X”) fera scandale en 1884 : le public s’offusque moins du pinceau que de la pose jugée trop suggestive, révélant l’hypocrisie mondaine et l’enjeu moral du portrait « public » sous la IIIe République.
Sargent, légèrement disgracié, pose ses valises à Londres tout en gardant ses amitiés à Paris, militant pour l’entrée de l’Olympia de Manet dans les collections nationales en 1890, et célébré en 1892 par l’achat de son portrait de Carmencita par l’État français.

A titre tout à fait personnel, j’ai été ébloui par ses tableaux, espagnols, marocains et capriotes (si si ça se dit), et ses pêcheurs bretons (une autre terre d’aventure à la fin du XIXème siècle), ses portraits de la high society parisienne ne m’ont pas ému et j’y ai vu plutôt un courtisan bien implanté qu’un esthète disruptif, seul bémol à cette critique, les portraits d’enfants qui rompent avec les tableaux souvenirs convenus de la bourgeoisie de l’époque.
Faut-il se lamenter d’avoir loupé l’exposition de l’année ? non, mais simplement regretter un “nouveau” nom de la période si féconde de la fin du XIXème.
Pour ne pas être en reste sur les prochaines expositions finissantes, voici les dates de fin de :
Jean-Baptiste Greuze : “L’enfance en lumière” au Petit Palais, le 25 janvier
Jacques-Louis David au musée du Louvre, aile Denon, le 26 janvier
Georges de La Tour. “Entre ombre et lumière” au musée Jacquemart-André, 22 février













