Le Wrap Up de la semaine où Lecornu a à nouveau eu recours au 49.3 (semaine du 26 janvier 2026)
🤖 : Claude plus humain - 👯 : les jeux du NYT à plusieurs - 🤑 : Meta teste des fonctionnalités payantes - 🦾 : Netflix a construit son IA personnalisé - 🖍️ : Dernier jour pour Carrache au Louvre
Au sommaire de cette semaine :
⏳ Temps de lecture : 7 min 13 sec
✳️ Le groupe WhatsApp du Wrap Up est disponible ici : News, sondages et coulisses, c’est là que ça se passe :
Humanisé 🤖 : Claude veut sonner plus vrai
⏳ : 1 min 29 sec
Un développeur, Siqi Chen, a créé un plugin dans la galerie des plugins du chatbot qui prend de plus en plus de place dans les discussions : Claude (d’Anthropic).
Ce plugin appelé “Humanizer” est destiné à rendre les textes générés par l’IA… plus humains.
Là où cela devient machiavélique c’est qu’il y parvient en s’appuyant sur le guide de détection de contenus IA mis en place par les éditeurs bénévoles de Wikipédia.
Le guide pointe les signes révélateurs des contenus “slop” générés par l’IA :
Formulations vagues, attributions floues (“les experts pensent que…”),
Ressemblance de structures similaires (Ca n’est pas …, c’est une révolution. ou encore “Objectif :” / “Résultat :”)
Excès de superlatifs (“breathtaking”, “amazing”),
ou tournures collaboratives (“I hope this helps!”).
Humanizer est implémenté comme une “custom skill” pour Claude et se charge de gommer ces tics de langage pour éviter d’être détecté comme une machine.
Exemple : “nichée au cœur d’une région à couper le souffle” devient “une ville de la région des Pouiles”, ou “Les experts estiment qu’il joue un rôle crucial” est remplacé par “Selon une enquête de 2019…”.
Le plugin se veut évolutif : il s’ajuste automatiquement au fur et à mesure que la page Wikipédia met à jour son guide, histoire de rester au niveau des détecteurs.
La démarche rappelle que le combat IA vs. IA (chatbots contre détecteurs de contenus) et prend des airs de course aux armements. OpenAI a déjà réagi à certains signaux faibles : ChatGPT a été modifié pour ne plus abuser du tiret cadratin (“—”), devenu marqueur automatique de contenu généré.
On observe donc un renversement : après avoir multiplié les outils pour traquer la “slop”, l’écosystème commence à créer des outils pour le camoufler, donnant naissance à une nouvelle forme d’artisanat numérique où le texte IA doit ressembler à une prose humaine — sans saveur standardisée, sans circonvolutions ni marques de fabrique trop visibles. Les jobs des détecteurs et la relecture humaine vont devenir de plus en plus dures.
Derrière l’apparente anecdote, une question : combien de temps avant que la majorité des textes IA soient vraiment indistincts de la production humaine ?
Et quand la traque deviendra-t-elle une partie de cache-cache sans fin, au détriment de la confiance dans l’écrit ?
Pour l’instant, Wikipédia joue la transparence, l’ingénierie d’Anthropic non, et la plupart retouche leur texte en espérant passer sous le radar.
🎧 Si vous préférez écouter la version audio de cette newsletter, essayez cette semaine en 🇫🇷 avec de beaux efforts de synthèse de la variété des sujets évoqués :
Collectif 👯 : le NYT introduit les jeux à plusieurs
⏳ : 1 min 32 sec
Jusqu’à présent, le New York Times avait réussi à capitaliser sur ses jeux de journal devenus des produits à part entière (Wordle, Mots Croisés etc…).
A présent, the Grey Old Lady débarque dans l’arène du jeu de lettres multijoueur avec Crossplay, sa première incursion dans la compétition à deux, pensée pour détrôner Scrabble et Words with Friends dans la catégorie “ j’ai encore perdu mon dimanche soir à poser mes lettres.”
Jonathan Knight, patron de la division jeux du NYT, annonce la couleur : « plus gros lancement jamais réalisé » par le groupe.
L’ambition est forte : grignoter des parts de marché sur mobile, secteur en pleine ébullition (plus de 3 milliards de joueurs dans le monde, ne l’oublions pas).
Crossplay reprend le classique plateau à tuiles, mais avec une variante new-yorkaise : un plateau repensé, une logique de bonus inédite, et surtout un algorithme maison pour la répartition des lettres (exit le tirage au sort façon loto du dimanche).
Pour les acharnés des fins de parties interminables, le NYT a ajouté une mécanique “ dernier tour “ : quand il n’y a plus de tuiles, le jeu s’arrête net, pas de prolongation.
Et pour achever les indécis, un assistant d’après-match nommé Cross Bot propose une analyse des coups joués — de quoi humilier ses adversaires, ou comprendre pourquoi on s’est fait écraser par sa belle-mère.
La stratégie marketing s’appuie sur du lourd : lancement lors des Grammy Awards avec la participation de stars comme Leslie Odom Jr., Breland ou Amy Allen, qui défient les joueurs dans l’appli… ou carrément dans des pop-up stores à New York et Nashville.
Les fans de Wordle (déjà 2 millions d’adeptes quotidiens) retrouveront le côté communautaire : le jeu permet de lancer plusieurs parties en parallèle, de consulter ses historiques et, bien sûr, de défier des inconnus (ou ses collègues).
L’arrivée de Crossplay marque aussi un virage stratégique : le NYT sort du giron de son appli de jeux pour proposer une expérience totalement autonome sur iOS et Android, espérant convertir ses fans de mots croisés en mordus du mot de passe. Un pari risqué mais symptomatique de la ruée actuelle sur le social gaming, où la frontière entre culture pop, compétition et monétisation se dilue.
Bref, le NYT veut être partout : dans votre salon, sur votre téléphone, et dans votre besoin compulsif de prouver, lettres à l’appui, que « QUIZ » en français ne prend pas deux Z (vérifiez!)
Premiumisé 🤑 : Meta teste des fonctionnalités payantes dans Instagram, Facebook et Whatsapp
⏳ : 1 min 31 sec
On ne sait pas encore si l’idée a commencé à germer quand la Commission Européenne a contraint Meta à proposer une version sans pub mais payante à ses utilisateurs européens, mais toujours est-il que la firme californienne s’apprête à lancer une offensive premium sur toutes ses apps : Instagram, Facebook, WhatsApp.
But de la manoeuvre : transformer la gratuité historique en un écosystème de fonctionnalités réservées aux abonnés payants, histoire d’ajouter un étage lucratif à la machine publicitaire déjà en surrégime du groupe.
Meta promet des outils “créativité et productivité boostées”, ainsi que des superpouvoirs IA, à ceux qui paieront.
Rien n’est figé : chaque app aura son offre, son lot de nouveautés, ses bundles, et Meta compte bien tester plusieurs combinaisons pour affiner le potentiel.
La manœuvre ne s’arrête pas à de simples gadgets : l’intégration de Manus, agent IA racheté 2 Md$ fin décembre (!), sera sans doute centrale. Meta va injecter Manus dans ses produits maison, tout en le commercialisant séparément aux entreprises.
Sur Instagram, on a déjà aperçu une icône Manus IA en test, preuve que l’usine à features tourne à plein régime.
Côté IA, l’application Vibes – générateur de vidéos courtes façon TikTok sous stéroïdes IA – va elle aussi basculer dans le modèle freemium. Jusqu’à présent gratuite, Vibes proposera bientôt un accès limité, avec des options avancées payantes pour les heavy users (créateurs en quête d’inspiration ou de volume).
Pour les geeks d’Instagram, quelques bonus sont évoqués : listes d’audience illimitées, liste des “non-suiveurs” (le rêve pour les stalkers), et visionnage anonyme de Stories (discrétion assurée, confidentialité discutable).
Important : ces nouveaux abonnements ne remplacent pas Meta Verified. Ce dernier (destiné aux créateurs et entreprises) restera distinct, avec son lot de badges bleus, d’assistance 24/7, d’anti-usurpation, de stickers VIP, etc.
La nouvelle offre premium vise cette fois un public beaucoup plus large : monsieur-tout-le-monde, business lambda, écrivain de newsletter du dimanche.
Meta veut augmenter ses revenus récurrents précisément à l’heure où le “trop d’abonnements tue l’abonnement” se répand.
Il faudra donc convaincre l’utilisateur de signer pour un nouveau prélèvement mensuel… mais le succès de Snapchat+ (3,99 $/mois, 16 M d’abonnés, x2 en un an) montre qu’il y a bien un marché.
Reste à voir si Meta saura éviter le syndrome l’hyperchoix d’options et aussi et surtout, comment la firme gérera la frontière entre l’accès gratuit pour tous et le club des happy few.
GPTisé 🦾 : Netflix a construit son IA personnalisé
⏳ : 1 min 22 sec
Netflix voulait sa propre marque de fabrique pour le code : une exécution fluide, sans friction, grâce à une IA maison taillée sur mesure.
Après des débuts décevants avec les assistants de code classiques – réputés trop génériques, pas adaptés aux exigences internes – les équipes ont décidé de reprendre la main et ont conçu une plateforme GenAI interne qui injecte le contexte spécifique de Netflix directement dans ses agents IA maison.
La plateforme repose ainsi sur quatre piliers :
Garantir une infrastructure solide (limitation des débits, gestion de workflows, résilience);
Automoser les systèmes d’évaluations (co-développé avec Braintrust) pour vérifier la pertinence et l’efficacité des agents IA en action (ça donne un pue l’impression d’une référence circulaire mais bon…) ;
Communiquer entre les nombreuses bases de données à travers un MCP (interface unique pour bases de données, build, documentation);
RAG1 maison : système d’injection de contexte en temps réel pour chaque requête, géré par une équipe dédiée.
Ajoutez à cela des “profils développeurs” dynamiques : à chaque session, l’IA détecte le contexte de l’utilisateur (équipe, sécurité, base code) et déploie automatiquement les bons outils, plugins et commandes. Résultat : tout se met en place sans intervention, sur laptop ou à distance.
Claude Code, l’agent IA d’Anthropic, est devenu le moteur standard : connecté à la plateforme, il accède instantanément à l’écosystème Netflix, puise dans la doc interne via le RAG, et se fait évaluer en continu.
L’indicateur phare n’est pas un ROI sec, mais le degré de satisfaction des devs (plus de 90 %), la réduction des incidents, et la hausse du débit de pull requests. +10 % d’usage mensuel par contributeur. Le support diminue alors même que l’usage augmente.
Côté production, place aux agents autonomes : sur des tâches ingrates comme la migration de plugins Java (outil Nebula), trois IA se relaient : analyse, correction, documentation. Des process qui prenaient des heures manuellement sont traités à la chaîne, économisant “des semaines ou des mois de temps d’ingénierie”.
Leçon Netflix : l’IA générative sans architecture dédiée reste un gadget. Tout l’enjeu réside dans l’injection de contexte organisationnel : c’est l’architecture, pas le LLM, qui crée le vrai différentiel.
Le Wrap Up, ce sont des faits, des chiffres, des news passées inaperçues — et en complément recevez le jeudi : l’Extra Ball 🎱 qui creuse un sujet en particulier, un peu plus tendance émergente, et qui tente de souligner pourquoi c’est intéressant et comment cette tendance pourrait se déployer en France.
Si ça vous est utile, soutenez le Wrap Up et recevez en prime l’Extra Ball : plus de profondeur, zéro bruit.
Crayonné 🖍️ : Carrache au Louvre
⏳ : 1 min 5 sec
Attention dernier jour (le lundi 2 février) pour aller dénicher une galerie cachée dans une ambassade, un chef-d’œuvre du baroque ressuscité façon puzzle : le Louvre reconstitue la mythique galerie Farnèse de Rome, fresque monumentale signée Annibale Carracci, son frère Agostino et leur bande de Bologne.
On découvre ici comme jamais, éclatée et remontée à coups de dessins préparatoires – le plus grand ensemble jamais réuni sur ce célèbre chantier.
Début 1600, Carracci débarque à Rome, 30 ans, ébloui et peut-être un brin intimidé par la Ville Éternelle.
Il attaque le Camerino, une des salles du palais Farnèse à Rome, sur la rive gauche du Tibre, dont la voûte a été décorée de fresques par Annibale Carracci, entre 1595 et 1597. Ce premier test lui est commandité par le tout jeune Odoardo Farnèse, héritier du duché de Parme et Plaisance.
Cette pièce intime sera un laboratoire avant de s’attaquer à la grande galerie, acte de naissance de l’art baroque. Les dessins, virtuoses, racontent l’obsession du détail et la dramaturgie du geste, bien avant la pose du pinceau sur la voûte.
L’exposition met en lumière la mécanique collective du chef-d’œuvre : Annibale et Agostino, les deux frères Carracci (Carrache en français), épaulés par leurs élèves, bousculent les codes de la fresque. La galerie devient une scène, un ballet d’influences, de savoirs et de tensions créatrices. Le Louvre orchestre tout cela dans une scénographie immersive, confrontant les deux décors – dessins et galerie – pour raconter une aventure artistique où la compétition, l’admiration et l’émulation sont au coude à coude.
Baroque naissant, histoire de famille, choc esthétique, et coulisses d’un atelier : cette “reconstitution” met en avant l’audace et l’intelligence collective derrière l’un des sommets de la peinture occidentale.
RAG : retrieval augmented generation, en français : — La génération augmentée par récupération, qui permet de connecter les données de l’entreprise à une IA générative)








