Le Wrap Up Express de la semaine où Zohran Mamdani a été élu maire de New York (semaine du 3 novembre 2025)
🥩 : Sky+ITV, et la TV privée ne fera plus qu’un - 📺 : Netflix, saison 4 de sa série phare “pub inside” en France - 🎭 : Les Liaisons Dangereuses au théâtre
Au sommaire de cette semaine réduite :
⏳ Temps de lecture : 4 min 26 sec
✳️ Le groupe WhatsApp du Wrap Up (encore experimental) est disponible ici : News, sondages et coulisses, c’est là que ça se passe :
Consolidée 🥩 : Sky+ITV, et la TV privée ne fera plus qu’un
⏳ : 2 min 13 sec
Le vénérable groupe audiovisuel britannique ITV, pilier historique du petit écran, a confirmé être en “discussions préliminaires” avec Sky pour céder ses chaînes de télévision et sa plateforme de streaming au Royaume-Uni. Montant évoqué : 1,6 milliard de livres (soit 1,8 milliard d’euros). Rien d’acté pour l’instant, mais assez pour faire grimper l’action de 15 % à la Bourse de Londres.
Ces discussions ne concernent pas la partie production du groupe, ITV Studios — celle qui fabrique les formats télé vendus dans le monde entier (de Love Island à Downton Abbey) et qui produit en France The Voice sur TF1. Il s’agirait donc plutôt de délester le “hardware” télé et streaming, tout en gardant le “software” créatif. Autrement dit : ITV veut vendre le contenant, pas les contenus.
Sky, désormais propriété de l’américain Comcast après avoir été le joyau de l’empire Murdoch, se retrouverait avec une force de frappe inédite sur le marché britannique : une synergie entre ses propres chaînes, son service Sky Now et l’écosystème ITVX, la plateforme numérique lancée à grands frais en 2022. Une sorte de “BBC privée”, capable de peser dans la guerre pour l’attention dans le streaming face aux Américains (dont il fera aussi partie!) comme Netflix, Disney ou Amazon.
Mais ITV tempère : “aucune certitude quant aux termes ni à la réalisation d’une quelconque transaction.” Traduction : tout le monde discute, personne ne signe. Le groupe, qui traverse une période compliquée (–5 % de CA pour sa division Media & Entertainment depuis le début de l’année), reconnaît que “les perspectives économiques incertaines du Royaume-Uni” pèsent lourdement.
Pour tenir le cap, ITV prévoit 35 M£ d’économies supplémentaires et anticipe une baisse de 9% de ses revenus publicitaires d’ici la fin de l’année — conséquence directe de la frilosité des annonceurs à l’approche du prochain budget britannique (sounds familiar?) et de possibles hausses d’impôts.
En clair, ITV cherche de l’air : alléger la structure, renforcer la trésorerie et préparer un futur où la création prime sur la diffusion. Sky, de son côté, pourrait rafler la mise et consolider son empire médiatique européen.
Si le deal se concrétise, ce serait une forme d’ironie historique : ITV, fondée en 1955 pour concurrencer la BBC publique, deviendrait filiale d’un géant américain via Sky — preuve qu’à l’ère du streaming, même les bastions nationaux finissent par rendre l’antenne au profit du capital global.
Par ailleurs, c’est une garantie de plus que la création d’une marketplace unique de la TV (commerciale) britannique annoncée en juin dernier aurait des chances de se réaliser.
Quelle incidence sur la France ?
Comme le dépeint brillamment François Godard d’Enders Analysis, la France serait après la consolidation à l’oeuvre sous l’égide de Mediaset (Espagne, Italie et Allemagne), le seul pays où il ne se passe … pas grand chose.
La fusion TF1-M6 avortée, CMA CGM avait amorcé un début de consolidation (RMC-BFM+Chérie25+Brut, et toujours 10% du groupe M6) ou encore l’arrivée de la presse (Kretinsky sur T19 et Ouest France sur Novo18) n’ont pas modifié en profondeur le paysage qui reste si l’on se compare aux marchés européens concurrentiels et peu consolidés pour faire face aux streamings + Youtube (mais peut être le débat ne se pose plus en ces termes?).
Tout juste la polémique Legrand - Cohen a-t’elle remis un coup de projecteurs sur la place et le rôle du Service Public, pour lequel le premier parti de France et grand favori des sondages (ça commence par R et finit par N) n’a pas renouvelé ses menaces de privatisation de France2, mais ne les a pas totalement retirés non plus. Bolloré n’aurait pas dit son dernier mot non plus.
A suivre….
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Ancrée 📺 : Netflix, saison 4 de sa série phare “pub inside”
⏳ : 1 min 19 sec
Trois ans après avoir lancé sa formule à 7,99 € avec publicité, Netflix s’offre un joli cliffhanger en France : 10 millions de spectateurs uniques mensuels pour sa seule offre “avec pub”, et 31 millions au total si l’on additionne tous les types d’abonnements.
Des chiffres signés Médiamétrie (“Watch”), qui mesurent l’audience, pas le nombre d’abonnés — estimé à environ 15 millions de foyers français.
Pour Florence Trouche, directrice des ventes pub de Netflix France, “le cap est important” : plus d’un nouvel utilisateur sur deux choisit désormais la formule avec publicité. En clair : le modèle mixte, jadis honni, est devenu un pilier stratégique. Et sur ce terrain, Netflix jouerais selon elle désormais “dans la cour des grands”.
Le géant américain devance nettement Disney+, qui plafonne à 9,5 millions de personnes selon les mêmes mesures. Seuls les mastodontes audiovisuels français, comme TF1 ou M6 sur un périmètre élargi (TV linéaire, replay, chaînes thématiques, etc.), peuvent encore rivaliser en volume.
Ce succès n’allait pourtant pas de soi. Quand Netflix avait dégainé son offre publicitaire fin 2022, le marché français l’avait accueilli avec une moue sceptique. “Ils sont arrivés comme des cow-boys”, résume Pierre Calmard (Dentsu France) dans les Echos, “mais ont vite appris les codes locaux”.
Le streamer a notamment accepté d’être mesuré par un tiers de confiance (Médiamétrie), un geste rare dans l’univers des plateformes internationales, salué par Jean-Luc Chetrit de l’Union des Marques.
Côté annonceurs, Netflix a aussi mis beaucoup d’eau dans son vin. Le CPM (coût pour 1.000 impressions) était jugé délirant au départ : 49 € pour 30 secondes, contre 10 € en télévision classique (25 € au mieux sur des cibles premium). Les prix ont depuis été sérieusement revus à la baisse, permettant à Netflix d’intégrer les plans média français avec moins d’arrogance et plus d’efficacité.
L’histoire est savoureuse : le champion du “no ads” est devenu un acteur central de la publicité télévisée, avec des spots avant Squid Game ou Lupin. Ironie du sort : en cherchant à fuir la télévision, le public a recréé… une télévision. Sauf que cette fois, c’est Netflix qui choisit quand commence la pub, et combien elle vaut.
Adaptées 🎭 : Les liaisons dangereuses au théâtre
⏳ : 49 sec
On connaît le roman épistolaire, le film de Kubrick : la Marquise de Merteuil demande au Vicomte de Valmont qui fut jadis son amant de se charger d’une mission : elle souhaite se venger d’une ancienne infidélité (qui trompe qui dans ce jeu n’est pas très clair) en corrompant la prude Mademoiselle de Volanges, tout juste sortie du couvent, en lui ôtant sa virginité avant le mariage.
Valmont, quant à lui, s’est mis en tête de séduire La Présidente de Tourvel, une jeune femme particulièrement pieuse, qui réside chez sa tante.
La récompense de cette mission : une dernière nuit avec Merteuil
Les projets des deux manipulateurs auront des conséquences bien plus néfastes qu’ils ne l’imaginaient…
Ce qui est remarquable dans cette adaptation c’est le jeu des acteurs et tout particulièrement de celui de Delphine Depardieu (la cousine de…), Molière de la Meilleure Actrice, incarnation diabolique, dont la noirceur est expliquée par ses premières années malheureuses dans le monde, souillée par un premier mari qui eut le goût de disparaître rapidement. Depardieu grimace, joue, tyrannise, cajole, dans un costume d’époque et une perruque qu’on croit par moment sortie du Dracula de Coppola. Valmont montre admirablement bien l’ambivalence de son personnage, et les deux victimes cèdent sous les coups de butoir des génies maléfiques.
A voir à la Comédie des Champs Elysées :






