Le Wrap Up de la semaine du Plan de Paix de Trump pour Gaza (semaine du 29 septembre 2025)
đ : Retail Media not yet - đ€ : crĂ©ativitĂ© vs IA - đș : la TV vs Youtube - đ : les Ellisson, une famille mĂ©diatique - đ± : les techniques anti IA de The Economist - đ : Les Confidences improvisĂ©es
Vous lâavez constatĂ©, jâexpĂ©rimente depuis lâĂ©tĂ© des nouvelles approches autour du Wrap Up :
Dâune part, jâai ouvert les contributions payantes sur Substack : dĂ©sormais Ă presque 2500 abonnĂ©s, jâessaie de voir si cette publication (qui restera gratuite) peut en ajoutant du service (lâaccĂšs aux archives, un article en plus par semaine initulĂ© Extra Ball, pourquoi pas un podcastâŠ) aller plus loin ;
Dâautre part, jâexpĂ©rimente une animation du Wrap Up dans un groupe ouvert sur WhatsApp, oĂč je donne un peu plus sur les coulisses : discussion sur les articles, vote pour orienter la ligne Ă©dito. Les inscrits au groupe ont dĂ©jĂ attirĂ© mon attention vers des news inattendus, je continuerais dây puiser inspiration.
Au sommaire des news de cette semaine :
Presque đ : le compte du Retail Media nây est pas (encore)
ChallengĂ©e đ€ : la crĂ©ativitĂ© Ă lâheure de lâIA (Conf ESCP)
Extra Ball đ± : les techniques anti IA de The Economist (sur abonnement)
âł Temps de lecture : 9 min 46 sec
Presque đ : le compte du Retail Media nây est pas (encore)
âł : 1 min 40 sec
Nicolas Jaimes dans Open Garden revient sur le mirage du retail media hors Amazon. Le brouillard commence sérieusement à se dissiper.
Deux ans aprÚs la ruée vers ce nouvel eldorado publicitaire, la plupart des acteurs européens se réveillent avec la gueule de bois.
En France, Amazon rafle Ă lui seul prĂšs de 75 % dâun marchĂ© de 1,2 MdâŹ, laissant Ă peine 150 M⏠à se partager pour les autres.
DerriĂšre le gĂ©ant, les âfourmisâ comme Cdiscount (80 M⏠de revenus pub) ou Carrefour et E.Leclerc (20â30 M⏠chacun) peinent Ă exister.
MĂȘme la croissance, prĂ©sentĂ©e comme soutenue Ă +14 % entre 2023 et 2024, ralentit nettement : les gains en valeur chutent de 214 M⏠à 156 M⏠sur un an.
Le problĂšme serait structurel : croire que le retail media serait le ânouveau programmatiqueâ Ă©tait une erreur dâoptique. LĂ oĂč le web ouvert offrait un inventaire quasi infini, le retail media est par nature contraint :
nombre limitĂ© dâespaces, dâannonceurs, et dâaudiences.
Ajouter du display dĂ©grade lâexpĂ©rience utilisateur,
et le search (produits sponsorisĂ©s) dĂ©pend du trafic, lui-mĂȘme plafonnĂ©.
Résultat : un plafond de verre technologique et comportemental.
Autre limite : le pĂ©rimĂštre des annonceurs. Le retail media reste un club fermĂ© dâendĂ©miques, essentiellement des marques dĂ©jĂ prĂ©sentes chez le distributeur.
Les 1P (fournisseurs historiques) y voient souvent une âtaxe dĂ©guisĂ©eâ plutĂŽt quâun levier de croissance.
Ă lâinverse, les 3P â vendeurs de marketplace â en font leur principal canal, parfois jusquâĂ 4 % de leur chiffre dâaffaires, car leur visibilitĂ© dĂ©pend directement des ventes. Câest cette population, multipliĂ©e par 10 chez Cdiscount (de 500 Ă 6 000 vendeurs actifs), qui soutient aujourdâhui le marchĂ©.
Mais les marketplaces restent lâexception.
La grande distribution alimentaire, centrée sur le drive, ne peut ni mutualiser les livraisons ni ouvrir ses linéaires à des tiers ;
Les enseignes spĂ©cialisĂ©es (Fnac, Leroy Merlin) demeurent prisonniĂšres de leur modĂšle RoPo1 (recherche en ligne, achat en magasin). Le cas Walmart, souvent citĂ© en exemple, est trompeur : 80 % de ses ventes sont non alimentaires, lĂ oĂč Carrefour ou IntermarchĂ© font pour lâinstant lâinverse.
Enfin, le retail media off-site, censĂ© prolonger les campagnes hors des sites marchands via la donnĂ©e, reste marginal : taux de matching faibles (â15 %), intĂ©grations techniques embryonnaires, et budgets encore adossĂ©s aux accords de trade plus quâaux poches marketing. Seuls 75 Md$ sur 170 Md$ dâinvestissements mondiaux seraient rĂ©ellement incrĂ©mentaux.
En somme, le retail media hors Amazon tourne en rond : trop peu dâinventaire, trop peu dâannonceurs, trop dĂ©pendant du trade.
Lâavenir ? Peut-ĂȘtre lâin-store media, encore balbutiant mais riche de promesses : Ă©crans digitaux, data de caisse, mesure dâimpact⊠Bref, un chantier titanesque, mais cette fois sans illusion dâĆufs dâor.
Si vous prĂ©fĂ©rez tester la version audio de cette newsletter, essayez le rendu de NotebookLM (cette semaine en đ«đ·) :
ChallengĂ©e đ€ : la crĂ©ativitĂ© Ă lâheure de lâIA (Conf ESCP)
âł : 2 min 20 sec
La semaine derniĂšre, jâai eu le plaisir dâanimer la table ronde « Entre rĂ©el et artificiel : comment lâIA bouleverse nos repĂšres crĂ©atifs », organisĂ©e avec les alumni de lâESCP, de lâESSEC et dâHEC sur le nouveau campus de Publicis.
Autour de la table : quatre voix majeures qui font oeuvre de crĂ©ation â DĂ©borah Marino (Publicis Luxe), Fati Laleh (Piaget), Fabien Le Roux (TikTok France) et Gauthier Vernier (du collectif dâartistes, Obvious).
Leur point commun : vivre, chacun Ă sa maniĂšre, la confrontation quotidienne entre lâintuition humaine et la puissance de lâIA.
De cette discussion, riche en tensions et en nuances, Ă©mergent plusieurs idĂ©es fortes sur la place que peut â et doit â garder la crĂ©ativitĂ© humaine dans un monde oĂč les machines savent dĂ©jĂ crĂ©er.
Quelques insights que jâen ai retenus :
Le luxe de la réalité
Pour Déborah Marino, la distinction entre réel et artificiel devient le nouveau territoire stratégique pour les marques, reprenant le polémique Marc Andreessen du fonds A16Z et technobro assumé :
« Demain, le vrai luxe sera le privilÚge de la réalité. »
Dans un univers saturĂ© dâimages gĂ©nĂ©rĂ©es, de textures inventĂ©es, dâexpĂ©riences simulĂ©es, la raretĂ© se dĂ©place. Ce nâest plus lâobjet qui fait le luxe, mais la trace humaine : la vibration, la sensibilitĂ©, lâimperfection.
La valeur Ă©motionnelle dâune Ćuvre â ou dâune campagne â se mesurera bientĂŽt Ă la âquantitĂ© dâhumainâ quâelle contient.
Lâartisanat comme rĂ©sistance
Chez Piaget, Fatti Laleh rappelle quâavant lâinnovation, il y a le geste :
« Chaque crĂ©ation est pensĂ©e comme une Ćuvre dâart. PrĂ©server ce geste, câest prĂ©server lâĂąme de la maison. »
LâIA peut accĂ©lĂ©rer la production, mais elle efface le temps. Or la crĂ©ativitĂ© a besoin de lenteur, dâexpĂ©rimentation, dâerreur.
Face Ă lâautomatisation, lâartisanat peut devenir un vĂ©ritable acte de rĂ©sistance en affirmant que la valeur ne rĂ©side pas dans lâefficacitĂ©, mais dans lâintention humaine.
La confiance comme matiĂšre premiĂšre
Pour Fabien Le Roux, la clé reste simple :
« La clĂ©, câest la confiance que les gens vont vous faire. Une campagne peut ĂȘtre gĂ©nĂ©rĂ©e par IA, mais si elle ne touche pas son public, elle Ă©choue, et mĂȘme lamentablement. »
LâIA ne crĂ©e pas de lien. Elle peut reproduire des Ă©motions, jamais les ressentir. Dans un monde dâalgorithmes (fait de probabilitĂ© et renvoyant vers la mĂ©diocritĂ© au sens littĂ©ral, câest Ă dire le niveau moyen), la confiance devient le principal capital crĂ©atif : celle que les audiences accordent aux marques, aux artistes, aux rĂ©cits sincĂšres.
La crĂ©ativitĂ© comme supplĂ©ment dâĂąme
Gauthier Vernier, cofondateur du collectif Obvious, le résume ainsi :
« LâIA est un outil, mais la valeur reste dans lâidĂ©e. »
Lâartiste du futur ne sera peut-ĂȘtre plus celui qui peint ou sculpte, mais celui qui sait poser les bonnes questions Ă la machine. La crĂ©ativitĂ© se dĂ©place du geste vers la pensĂ©e, du faire vers le sens.
Mais cela suppose un risque : celui dâune crĂ©ativitĂ© dĂ©sincarnĂ©e, lissĂ©e par les prompts, standardisĂ©e par les algorithmes. Gauthier racontait comment les trois artistes de son collectif, Obvious, se rĂ©unissaient et promptaient Ă tour de rĂŽle, jusquâĂ ce que quelque chose Ă©merge et fasse Ă©cho Ă la sensibilitĂ© des trois crĂ©ateurs.
LâIA tend vers la moyenne ; lâhumain, vers lâimprĂ©vu.
La véritable frontiÚre
La frontiĂšre entre rĂ©el et artificiel nâest pas technologique â elle est sensible !
Ce nâest pas ce que nous produisons qui nous distingue des machines, mais ce que nous ressentons en crĂ©ant. LâIA redĂ©finit la maniĂšre de concevoir, dâimaginer et de transmettre. Mais elle ne remplacera jamais la part dâĂ©motion, de doute et de dĂ©sir qui fait la beautĂ© de toute Ćuvre humaine.
La créativité ne disparaßt pas : elle change de nature.
Elle devient le dernier espace oĂč lâhumain peut encore surprendre la machine.
Pour Ă©couter le replay de la confĂ©rence (audio non cleanĂ©), câest ici :
Remorte đș : la TV nâen finit pas de mourir
âł : 2 min 37 sec
Deux billets cette semaine ont remis le sujet sur la table : la TV va-tâelle mourir sous les coups de butoir de Youtube ?
A ma gauche, Philippe Bailly, le fondateur du cabinet de conseil NPA Conseil, bien connu dans les milieux audiovisuels et auteur dâune newsletter sur linkedin le Digital Tranformation Notepad se penche sur les nouvelles productions des youtubers Squeezie et Michou. A ma droite, lâAmĂ©ricain Mike Shields, fondateur dâun autre cabinet Shields Strategic Consulting et auteur dâune newsletter Next in TV, qui critique le fantasme autour dâun marchĂ© pub Ă la croissance indĂ©finie, et qui examine la transition dâun monde TV centric vers le monde connectĂ©.
Selon Philippe Bailly, les trains de Squeezie et Michou nâont pas seulement fait trembler YouTube â ils annoncent peut-ĂȘtre le point de bascule dâune industrie tout entiĂšre.
Alors que les deux youtubeurs ont investi au cumul des deux programmes, plus de 1,7 M⏠pour produire Le Train et Terminal, la tĂ©lĂ©vision traditionnelle se retrouve Ă la fois fascinĂ©e et dĂ©passĂ©e : les mĂȘmes mĂ©caniques de jeu, mais un modĂšle Ă©conomique et une libertĂ© de ton quâaucune chaĂźne rĂ©gulĂ©e par lâArcom ne pourrait sâautoriser. Et surtout, un public jeune, massif, global.
Les moyens de production trĂšs consĂ©quents : le budget engagĂ© sur Le train (750 000 âŹ, soit environ 500 000 ⏠par heure) en fait, dâaprĂšs son initiateur, la production la plus chĂšre jamais rĂ©alisĂ©e pour YouTube en France ; sans postuler au mĂȘme titre, Michou annonce avoir investi plus dâun million dâeuros sur Terminal, soit 200 Ă 250 000 ⏠par heure de programmes.
Mais le systĂšme publicitaire, lui, reste bloquĂ© Ă quai, pour filer la mĂ©taphore de Philippe Bailly. Lâamortissement par la publicitĂ© classique sâavĂšre impossible, et les placements produits dont sont truffĂ©es seraient impossibles en TV du fait de la rĂ©glementation.
Câest tout le paradoxe du moment que dĂ©crit lâanalyste star Brian Wieser, relayĂ© par Mike Shields : nous approchons dâune Pay TV Singularity, un point oĂč il ne sera tout simplement plus possible dâatteindre la moitiĂ© de la population via le cĂąble (aux US!) : le marchĂ© se dĂ©place, inexorablement, vers le connected TV (CTV), YouTube inclus (voire en premier lieu!).
DâoĂč la frĂ©nĂ©sie actuelle sur ce marchĂ© (US) : Magnite rachĂšte Streamr, Roku drague les PME, Vibe (une sociĂ©tĂ© française !) lĂšve 50 M$ pour permettre aux marques locales dâacheter des pubs TV en trois clics.
Tout le monde veut croire Ă une expansion exponentielle du marchĂ©. Wieser, lui, parle de cannibalisation : « de la tĂ©lĂ©vision qui se mange elle-mĂȘme ».
Autrement dit, le gĂąteau ne va pas grossir : il mute.
Ce qui croĂźt, ce sont les outils et les intermĂ©diaires â les adtechs et plateformes de streaming â pas les budgets globaux. Et si les PME accĂšdent plus facilement Ă la pub TV, elles le font souvent en recyclant (paradoxalement !) des budgets auparavant dĂ©diĂ©s aux rĂ©seaux sociaux ou au search.
Les budgets YouTube restent encore gérés à part, mais cela pourrait vite changer, surtout avec la pénétration accrue de la TV Connectée dans les foyers.
Le rĂȘve dâune ânouvelle tĂ©lĂ©visionâ, initiĂ©e par Squeezie ou Michou, sâinscrit donc dans cette tension : dâun cĂŽtĂ©, la crĂ©ation indĂ©pendante explose ; de lâautre, lâĂ©cosystĂšme publicitaire se pose la question de sa reconfiguration.
De ce cĂŽtĂ© ci de lâAtlantique, le CPM reste ridicule et donc la rentabilitĂ© introuvable pour des programmes coĂ»teux (le trading up nâĂ©tant pas particuliĂšrement valorisĂ© par la plateforme vidĂ©o de Google) : Le Train nĂ©cessiterait 28 M dâheures vues pour sâĂ©quilibrer, Terminal 40 M.
Le salut peut venir des placements de produits, massifs, mais ⊠illĂ©gaux Ă la tĂ©lĂ©, les deux univers continuent dâĂ©voluer avec des rĂšgles diffĂ©rentes et des rĂ©glementations diffĂ©rentes, sans compter des comparaisons des audiences impossibles.
Pendant que les plateformes avancent masquĂ©es, la tĂ©lĂ©vision rĂ©gulĂ©e, elle, est clouĂ©e au sol : empĂȘtrĂ©e dans ses lois de 1986 et dans lâespoir que lâIA ou le ciblage sauveront la publicitĂ©. Wieser tranche : tout cela relĂšve du wishful thinking.
La vĂ©ritĂ©, câest quâon ne vit pas une rĂ©volution tĂ©lĂ©visuelle, mais une redistribution silencieuse : la TV devient un sous-ensemble du web. Et dans cette Ă©quation, YouTube pourrait bien ĂȘtre dĂ©jĂ le prime time du monde.
SacrĂ©s đ : les Ellisson, une famille dans les mĂ©dias
âł : 1 min 47 sec
Au-dessus des plateaux de Burbank trĂŽne le cĂ©lĂšbre chĂąteau dâeau Warner Bros, symbole dâun Hollywood ancien, tandis quâĂ dix miles de lĂ , les bureaux vitrĂ©s de TikTok incarnent la modernitĂ© algorithmique.
Entre ces deux mondes â les studios historiques et les plateformes de contenu gĂ©nĂ©rĂ© par les utilisateurs â une mĂȘme famille pourrait bientĂŽt rĂ©gner : les Ellison.
Larry Ellison, 81 ans, fondateur dâOracle et deuxiĂšme fortune mondiale depuis lâenvolĂ©e boursiĂšre de son groupe dopĂ©e par lâIA, a financĂ© lâĂ©tĂ© dernier la reprise de Paramount par son fils David, 42 ans, patron de Skydance Media.
Et il ne compte pas sâarrĂȘter lĂ : le clan lorgne dĂ©sormais Warner Bros Discovery (valorisĂ©e prĂšs de 50 Md$) et sâest joint au consortium menĂ© par Oracle pour racheter les activitĂ©s amĂ©ricaines de TikTok Ă ByteDance, validĂ© « en principe » par Donald Trump le 25 septembre dernier (on en parlait ici).
Si ces opĂ©rations aboutissent, les Ellison contrĂŽleraient un empire mĂȘlant les franchises les plus puissantes de la culture pop â Game of Thrones, Friends, South Park â aux marques dâinformation comme CBS News et CNN, sans oublier la plateforme dâorigine oĂč les adolescents amĂ©ricains passent le plus de temps.
Old mediaâŠ
CĂŽtĂ© âold mediaâ, le rachat de Paramount pour 8,4 Md$ a Ă©tĂ© prĂ©cĂ©dĂ© dâun bras de fer avec la commission de rĂ©gulations des communications, la FCC, qui a exigĂ© le rĂšglement dâune plainte de Trump contre CBS avant de se prononcer sur le rachat.
Fusionnée avec Warner, la nouvelle entité dominerait le box-office et la publicité TV (35 % du marché contre 27 % pour Disney).
Ensemble, Paramount+ et HBO Max dĂ©passeraient Netflix en nombre dâabonnĂ©s amĂ©ricains !
Un tel rapprochement pourrait toutefois attirer lâattention des autoritĂ©s antitrust â que les Ellison ont prudemment devancĂ©es en nommant Makan Delrahim, ancien membre de la garde rapprochĂ©e de Trump, directeur juridique de Paramount.
⊠& New Media
Sur le front ânew mediaâ, Oracle serait âun acteur clĂ©â du futur TikTok US. DĂ©jĂ responsable du stockage des donnĂ©es amĂ©ricaines, le groupe superviserait une version locale de lâalgorithme, rĂ©entraĂźnĂ©e sur le sol amĂ©ricain.
En toile de fond, un possible chaĂźnon manquant : marier la crĂ©ativitĂ© hollywoodienne Ă la prĂ©cision des recommandations siliconiennes. David Ellison veut ainsi bĂątir âun pont entre Hollywood et la techâ, en migrant Paramount sur une infrastructure Oracle.
Lâenjeu dĂ©passe la culture et met un pied sur le terrain politique : contrĂŽler CBS, CNN et TikTok confĂšre un pouvoir politique inĂ©dit.
Larry Ellison, ami de Trump, de Netanyahu et de Tony Blair, reste officiellement âcentristeâ, tandis que son fils a soutenu Biden Ă hauteur dâ1 M$ et financĂ© South Park pour 1,5 Md$.
Une pluralitĂ© dâalliances qui sonne plus comme une stratĂ©gie dâinfluence que comme une ligne Ă©ditoriale. DerriĂšre les sourires, une Ă©vidence : le nouvel Hollywood pourrait bientĂŽt parler avec la voix dâOracle.
Extra Ball đ± : les techniques anti IA de The Economist
ImprovisĂ©es đ : Les confidences se livrent Ă Paris
âł : 1 min 5 sec
Vendredi soir, jâai assistĂ© Ă un spectacle dâimprovisation théùtrale que je vous recommande, non pas que le genre soit nouveau, mais câest juste que cela faisait longtemps que je nâavais pas ri et Ă©tĂ© Ă©merveillĂ© des prouesses des comĂ©diens improvisateurs.
Jâai eu lâimpression de dĂ©couvrir le spectacle ce soir mais cela fait dĂ©jĂ dix saisons que cette comĂ©die singuliĂšre transforme les anecdotes du public en thĂšme dâimprovisation scĂ©nique.
Le principe est le suivant : en arrivant au théùtre, le public est invitĂ© Ă confier un petit bout de sa vie â une rencontre, une soirĂ©e, un doute, un tournant. Quelques mots griffonnĂ©s sur un papier, et voilĂ les comĂ©diens et comĂ©diennes qui sâen emparent, les transforment, les dĂ©tournent, les subliment, les deux groupes de deux comĂ©diens se rajoutant progressivement des difficultĂ©s Ă insĂ©rer dans la saynĂšte improvisĂ©e Ă la maniĂšre dâune tour de Kapla.
Vendredi soir donc pas de texte : juste la vie des spectateurs réinventée en live sous les projecteurs.
On rit, on sâĂ©meut, on reconnaĂźt des situations familiĂšres â et lâon repart avec cette impression dâavoir assistĂ© Ă quelque chose dâunique et sincĂšre.
Les interprÚtes, complices et affûtés, forment une troupe soudée par des années de scÚne commune.
On finit comme toujours par sâinterroger sur la part dâimprovisation et la part dâentraĂźnement, mais mĂȘme en cas de boucles narratives qui sont autant de bĂ©quilles, la construction prĂ©caire forme Ă la fin un Ă©difice nouveau.
Confidences est inspirĂ© dâun format latino-amĂ©ricain Historias MĂnimas, créé par lâArgentin Sergio Paris, câest devenu au fil du temps un bijou de théùtre vivant qui nâa pas trop de raisons de sâarrĂȘter⊠étant donnĂ© quâon nây joue jamais la mĂȘme piĂšce.
Research online, purchase offline.








